[ad_1]
Cuivres, tambours et trompettes. L’ouverture, fin octobre, du Leclerc La Réserve à Sainte-Marie, s’est faite en fanfare. Des milliers de personnes se sont rués dans les allées pour découvrir le dernier centre commercial installé sur l’île. Signe que la demande est bien là.

Il n’y a d’ailleurs qu’à ouvrir les yeux pour s’en convaincre. Les enseignes d’hypermarchés et de supermarchés prennent de plus en plus de place dans le paysage. Depuis l’apparition du tout premier hypermarché (Euromarché à Sainte-Clotilde) sur l’île en juin 1988, la grande distribution a pris ses aises : 19 hypermarchés et 77 supermarchés sont désormais comptabilisés.
Les grandes surfaces plébiscitées par les Réunionnais
Un épanouissement rendu possible par les habitudes des consommateurs. Une étude de l’Insee nommée « Lieux d’achat à La Réunion en 2017 », parue ce jeudi, indique en effet que « quel que soit leur niveau de vie, les Réunionnais privilégient largement les grandes surfaces pour faire leurs courses alimentaires (77%). C’est un peu moins qu’en 2006 (81%) mais ça reste beaucoup plus qu’en métropole ou aux Antilles : 69%.
Les ménages les plus modestes y effectuent 79 % de leurs achats (contre 74% en métropole). C’est un tout petit peu moins pour les ménages aux revenus supérieurs (76 % contre 64% en métropole).

Le reste des achats alimentaires se fait dans des magasins spécialisés (10%), qui, selon l’étude, “peinent encore à trouver leur clientèle”, sur les marchés (5%), dans les petites surfaces d’alimentation générale (5%) ou ailleurs (3%).
Un comportement qui s’explique par deux éléments. Le prix, d’abord. « Avec leurs centrales d’achats, les grandes surfaces jouent sur des volumes immenses et peuvent faire des remises importantes », explique Lucien Chezaud, vice-président de la Fédération des artisans et commerçants de La Réunion (FFAR).
Le parking, nerf de la guerre
Il y a la praticité, aussi. « C’est simple, ils ont de grands parkings, on peut s’y garer facilement, souvent à l’ombre, avec des bornes de recharge électrique », détaille Lucien Chezaud, par ailleurs président de l’Association des commerçants de Saint-Gilles “bassin de vie”. Chose difficile en centre-ville. « Les mairies ont une grande responsabilité, on ne peut pas facilement se garer et en été, avec la chaleur, ça devient trop difficile d’y faire ses courses », regrette-t-il.

Avec les petits commerçants, il veut se battre pour « redynamiser les centres-villes » et propose par exemple de créer des parkings à l’extérieur des villes pour leurs clients, transportés ensuite via des navettes électriques.
Une prépondérance des hypermarchés
Pour autant, la tendance n’est pas au changement. Une extension de la galerie marchande du centre commercial Auchan de Saint-Louis, avec 30 boutiques est, par exemple, déjà dans les cartons, avec aussi la création d’un drive à proximité.
Dans le quartier Casabona à Saint-Pierre, les travaux se poursuivent pour livrer 8000 m2 de commerces variés, dont un Leader Price, accompagnés de restaurants, d’un hôtel et d’un parking de plus de 600 places.

« Le département se caractérise par une prépondérance des hypermarchés au sein de la grande distribution. En effet, 19 % des grandes surfaces sont des hypermarchés (de 4 000 à 6 000 m²), contre 14% en métropole et 13% dans les DOM (hors La Réunion) », note le rapport 2019 de l’Institut d’Émission des Départements d’Outre-Mer (Iedom). La Réunion voit grand, très grand.
Le chemin de la proximité ?
Gonflée par une santé de fer et un chiffre d’affaires à plus de 2 milliards d’euros en 2018, la grande distribution alimentaire de La Réunion profite aussi de la jeunesse de son modèle. « A l’avenir, ce modèle sera appelé à évoluer, avec le changement des modes de consommation (e-commerce, le drive, la livraison), comme on l’observe déjà dans l’Hexagone », projettent les auteurs de l’étude Iedom.
En métropole, en effet, « les grandes enseignes de la filière optent dorénavant pour la proximité et ne privilégient plus l’expansion de la taille de leurs hypermarchés. » Sur l’île, ce n’est pas encore d’actualité.
Kilian Kerbrat
Le gel des nouvelles grandes surfaces ?
La Fédération française des associations des commerçants (FFAC) et la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion réclament le gel de toute nouvelle implantation de grande surface sur le département. Une demande que la FFAC avait d’ailleurs formulée auprès du ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu lors de sa première visite à La Réunion en août dernier. Le préfet Jacques Billant en a aussi été avisé. Ils n’ont obtenu aucune réponse officielle pour le moment.
Les grandes surfaces plus rares qu’en métropole mais plus fréquentées
Les établissements de la grande distribution alimentaire sont nettement moins implantés à La Réunion qu’en métropole. Ainsi, l’île dispose de 2,0 hypermarchés pour 100 000 habitants en 2017 contre 3,3 en métropole. La densité de supermarchés est aussi bien moindre : 9 pour 100 000 habitants contre 16 en métropole. Ainsi, les grandes surfaces sont plus rares et plus fréquentées qu’en métropole. Leur nombre progresse néanmoins depuis 2006.
Un quasimonopole des grandes surfaces sur certains produits
“Leur part de marché atteint 95 % pour le lait, produits à base de lait (yaourts, fromage, etc.) et œufs, en lien peut-être avec la rareté des crèmeries-fromageries sur l’île, explique l’étude de l’Insee parue ce jeudi. Les céréales et produits à base de céréales (riz, pâtes, farine, etc.), ainsi que les bières et spiritueux, sont aussi achetés à plus de 90 % en grandes surfaces. La part de marché des grandes surfaces à La Réunion est supérieure à celle de la métropole sur quasiment tous les groupes de produits alimentaires. Font néanmoins exception les fruits et légumes frais, ainsi que les préparations alimentaires telles que les pizzas, les quiches, sandwichs, friands.”
Les primeurs et les marchés se battent pour les fruits et légumes
Les primeurs conservent quant à eux leur clientèle sur l’île, en captant 16 % des dépenses de fruits et légumes frais contre 10 % en métropole. Ces magasins de proximité sont notamment en concurrence avec les marchés où 29 % des achats de fruits et légumes frais sont effectués, comme en 2011, note l’étude.
Des magasins spécialisés tirent leur épingle du jeu
Certains magasins spécialisés tirent leur épingle du jeu à La Réunion, en lien avec la progression du pouvoir d’achat d’une partie de la population, explique l’étude de l’Insee “Lieux d’achats à La Réunion en 2017. Par exemple, en quelques années, les magasins spécialisés dans la vente de thé ou de café, qui se sont implantés sur le territoire aux côtés des brûleries de café en vrac, ont fortement développé leur part de marché. Même chose pour les cavistes.
Les boucheries-charcuteries et les poissonneries ont aussi plus souvent qu’auparavant la faveur des Réunionnais. Relativement au nombre d’habitants, ces commerces spécialisés restent néanmoins moins implantés qu’en métropole. Enfin, les dépenses en magasins bio ou diététiques, qui vendent des gammes larges de produits, ont émergé depuis 2011. Elles restent toutefois assez marginales en 2017, avec 0,5 % des dépenses alimentaires.
Une autorisation nécessaire pour s’implanter
Les autorités d’implantation de surfaces commerciales sont gérées par la commission départementale d’aménagement commercial (CDAC). Chaque CDAC est composée de 7 élus, dont le maire de la commune d’implantation, et de 4 personnalités qualifiées en matière de consommation, de protection des consommateurs, de développement durable et d’aménagement du territoire. La commission se prononce par un vote nominatif. L’autorisation n’est acquise que si le projet recueille le vote favorable de la majorité absolue des membres présents.
[ad_2]
Source link

Have something to say? Leave a comment:
