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Comment faire pour contrer Joe Biden au Moyen-Orient ? Un conciliabule s’est tenu, dimanche 22 novembre dans la soirée, au bord de la mer Rouge. La ville d’accueil, qui n’est pas encore une ville, s’appelle Neom, au nord-ouest de l’Arabie saoudite, promise par le prince héritier, Mohamed Ben Salman (« MBS »), à devenir une mégalopole 100 % numérique – autant dire un cauchemar.
Là, si l’on en croit le site israélien Walla News, trois hommes se sont brièvement réunis, sans doute pour échanger sur la catastrophe stratégique qui leur tombe sur la tête : la défaite d’un parrain, Donald Trump, et l’arrivée du démocrate, Joe Biden, à la Maison Blanche. Il reste quelques semaines avant que ce dernier entre en fonctions, mais l’affaire est aussi inéluctable qu’un méchant vent de sable venu du désert du Hedjaz.
Etaient donc réunis, en ce lieu étrange, le prince, dit « MBS », le secrétaire d’Etat trumpiste, Mike Pompeo, et le chef du gouvernement israélien, Benyamin Nétanyahou. Le premier est accusé par la CIA d’avoir commandité l’assassinat du journaliste et dissident saoudien Jamal Kashoggi. L’Américain est l’un des chefs de file de la droite fondamentaliste républicaine, convaincu, selon ses mots, que la politique moyen-orientale de Trump est « dictée par Dieu ». L’Israélien, inusable chef de la droite nationaliste en son pays, accumule déboires judiciaires, pour corruption, et sondages en chute libre, pour gestion misérable de l’épidémie de Covid-19.
D’ici au 20 janvier 2021, date de l’arrivée du nouveau président à la Maison Blanche, il faut faire vite. En vieux professionnel de la politique, Nétanyahou est passé à l’action le premier. Son gouvernement a précipité la date d’ouverture et de fermeture d’un appel d’offres pour la construction d’une nouvelle colonie. Le dossier, ouvert le 15 novembre, doit être bouclé le 18 janvier, soit deux jours avant la passation des pouvoirs à Washington.
Ladite colonie, Givat Hamatos, est un vieux projet auquel les Etats-Unis de Barack Obama se sont opposés pendant huit ans, mais qui a l’imprimatur de l’équipe Trump. Entre Jérusalem et la ville palestinienne de Bethléem, Givat Hamatos brisera un peu plus la continuité territoriale de la Cisjordanie occupée. Cette colonie « portera un coup mortel » à la possibilité d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, dit le mouvement La Paix maintenant.
Défaire l’héritage de Trump
L’équipe Trump n’y trouve rien à redire. Elle s’est attachée à légitimer la colonisation israélienne en Cisjordanie – et a même donné son feu vert à l’annexion partielle, par Israël, de ce territoire palestinien. Elle a manifesté une hostilité radicale à l’adresse des Palestiniens. Biden a dit qu’il ne reviendrait pas sur le déplacement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. En revanche, il dénoncera la poursuite de la colonisation israélienne, il pourrait rouvrir la « mission » de représentation des Palestiniens à Washington et rétablir l’aide financière américaine en leur faveur – bref défaire l’héritage de Trump.
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