[Société] 15% des femmes victimes de violences conjugales à la Réunion

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Les résultats de l’enquête publié par l’ARS à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes montrent qu’à la Réunion, 15% des femmes sont victimes de violences de la part de leur conjoint ou ex-conjoints sur les 12 derniers mois.

Ces données sont le fruit de l’enquête nationale VIRAGE (VIolence et RApports de GEnre) menée en 2015 en métropole, déclinée en 2018 par l’Institut national d’études démographiques (INED) à La Réunion et aux Antilles. Elle porte sur les violences subies par les femmes et les hommes au travail, dans les lieux publics, dans le couple et dans l’entourage familial.

 

Les principaux résultats montrent que 15% des femmes sont victimes de violences de la part de leur conjoint ou ex-conjoints sur les 12 derniers mois, les violences psychologiques étant plus fréquemment déclarées. “Les violences entre conjoint et ex-conjoints prennent des formes variées. Elles sont physiques, sexuelles, verbales, psychologiques, administratives, économiques. Elles peuvent être exercées de manière isolée ou combinée”, note l’Observatoire Régional de la Santé Océan Indien (ORS OI).

 

Des chiffres qui n’ont hélas pas diminué entre 2002 et 2018. Mais selon cette enquête, les femmes ont moins de difficultés à parler des violences dont elles font l’objet. “C’est le reflet de l’émancipation des femmes. Quinze ans après la première enquête, les réunionnaises sont plus nombreuses à occuper un emploi, à avoir un plus grand nombre de partenaire au cours de leur vie et moins nombreuses à considérer les besoins sexuels des hommes supérieurs à ceux des femmes. Cette plus grande liberté semble alimenter des conflits pouvant entraîner des violences”, analyse l’Observatoire Régional de la Santé Océan Indien.

 

 

L’enquête met en évidence les points suivants :

 

– La survenue des violences dans le couple est plus élevée pour les femmes jeunes, pour les femmes non cohabitantes avec le conjoint et pour celles ayant un nombre important d’enfants à charge. La séparation récente (entrainant souvent la décohabitation) est un marqueur très important des situations de violences.

 

– Les violences conjugales, qu’elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques touchent tous les milieux socio-économiques. Les prévalences des violences sont similaires quelle que soit la tranche de revenus personnels déclarés ou quel que soit le niveau scolaire. Par contre, les femmes déclarant des dettes sont trois fois plus exposées aux violences.

 

– Les enfants sont particulièrement exposés : dans près de 3 situations sur 10, ils sont présents lorsque le fait de violence se produit et la part des enfants vivant avec une mère victime de violence conjugale est estimée à 18%.

 

– Les femmes victimes de violences conjugales déclarent plus fréquemment avoir vécu des situations difficiles durant l’enfance, ont des risques plus élevés de survenue de troubles psychologiques (dépression, tentative de suicide) et une consommation plus fréquente de substances psychoactives (psychotropes, cannabis, alcool).

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