Carrefour cible de manifestations contre la violence raciste au Brésil

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Confrontations entre la police et des manifestants noirs, à Porto Alegre (Brésil), le 23 novembre, après la mort de Joao Alberto Silveira Freitas.

C’est un logo connu dans le monde entier. Deux flèches, une bleue et une rouge, dessinant un C : celui du géant de la grande distribution Carrefour. Mais au Brésil, ces derniers jours, sur les panneaux des manifestants et les posts en ligne, cette dernière flèche s’est transformée en flaque de sang.

Le groupe français se trouve dans la tourmente au Brésil, à la suite du décès de Joao Alberto Silveira Freitas, un Noir de 40 ans, tabassé à mort par les vigiles d’un Carrefour de Porto Alegre, jeudi 19 novembre au soir, à la veille de la très symbolique Journée nationale de la conscience noire.

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De Salvador à Brasilia en passant par Porto Alegre, de nombreuses manifestations ont, depuis, eu lieu, réunissant à chaque fois quelques centaines ou milliers de personnes, aux cris de « Carrefour assassin ! ». A plusieurs endroits, à Rio de Janeiro et Sao Paulo, des points de vente du groupe, envahis ou pris d’assaut, menacés d’être vandalisés et incendiés, ont été contraints de fermer leurs portes.

Un pan sombre du groupe

La mobilisation ne faiblit pas : sur l’asphalte de la Paulista, la « cinquième avenue de Sao Paulo », a été peint en lettres géantes le slogan « Vidas negras importam » (« Les vies des Noirs comptent »). A Porto Alegre, une demande a été déposée auprès de la mairie par des associations locales réclamant la fermeture définitive du Carrefour du quartier Passo d’Areia, où s’est déroulé le drame. Plus inquiétant pour le groupe : en ligne, une pétition appelant au boycott de Carrefour a recueilli plus de 16 000 signatures.

Le meurtre de Joao Alberto serait « plus sauvage » encore que celui de George Floyd aux Etats-Unis.

Chaque jour, la presse fait état de nouveaux « scandales Carrefour », dévoilant un pan sombre du groupe au Brésil : actes de racisme quotidiens, passage à tabac de personnes noires, cas de torture et de viol supposé commis par des agents de sécurité, comparés à de véritables « milices » au service des Blancs… « Quand nous entrons au supermarché, nous pénétrons dans une sphère où des policiers privés nous voient, nous les Noirs, comme des menaces », a réagi dans le quotidien Folha de Sao Paulo l’avocat Thiago Amparo.

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En pleine campagne municipale, alors que le deuxième tour est prévu le 29 novembre, le groupe français subit aussi les foudres de la quasi-totalité de la classe politique, à l’exception de Jair Bolsonaro, silencieux sur le sujet. Guilherme Boulos, candidat de la gauche à la mairie de Sao Paulo, a ainsi qualifié le drame de « racisme pur ». Le juge du Tribunal suprême fédéral, Alexandre de Moares, a évoqué un « homicide barbare ». Pour José Vicente, haute figure du mouvement afro-brésilien, le meurtre de Joao Alberto serait « plus sauvage » encore que celui de George Floyd aux Etats-Unis.

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