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Malgré le contexte sanitaire, vous avez peut-être jeté un coup d’oeil sur les destinations vers lesquelles s’envoler pour les vacances des fêtes. Mais de là à ce qu’elles se concrétisent, voilà un voeu pieux, tant de la part des voyageurs que des professionnels du tourisme. Ces derniers attendent les annonces ce soir du président de la République, en ce qui concerne notamment les motifs impérieux. Mais en l’état, difficile de voyager dans les prochains mois, reconnaissent-ils.
Motif impérieux obligatoire, isolement à l’arrivée, imprévisibilité de la fermeture des frontières… Difficile de voyager en ce moment, même si ce n’est pas l’envie qui manque. Pour autant, le contexte reste un frein majeur aux réservations, et les demandes ou réservations sont bien rares auprès des agences de voyage.
Quand bien même les motifs impérieux pour sortir de La Réunion étaient levés, quelles seraient les destinations ouvertes au tourisme depuis La Réunion ?
“Partout, ce sont plusieurs jours d’isolement à subir à l’arrivée. En métropole, il faut encore voir si l’interdiction de déplacement entre les régions sera levée. Alors, difficile de donner une visibilité”, soupire Catherine Frécaut, présidente du syndicat des Entreprises du voyage à La Réunion (anciennement SNAV) qui échange régulièrement avec ses confrères de métropole sur la situation. “Au niveau national, ils sont plutôt pessimistes. On attend beaucoup de l’allocution de ce mardi soir, qui permettra peut-être au moins de donner une tendance”, explique-t-elle.
Ce mardi soir, Emmanuel Macron a donné rendez-vous aux Français pour leur dévoiler le “confinement allégé”, et évoquer la stratégie du gouvernement pour les prochaines semaines.
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A La Réunion, la préfecture expliquait la semaine dernière que les motifs impérieux resteraient en vigueur au moins jusqu’au 1er décembre, et qu’une réflexion était engagée autour de la question de leur maintien, qui reste lié au confinement en métropole.
De nombreuses contraintes pour se déplacer
Pour le reste des destinations, ça s’avère encore plus compliqué. Si Air Austral a annoncé la reprise de plusieurs de ses vols régionaux (Bangkok, Chennai, Johannesburg, Seychelles, Moroni, Maurice au 18 décembre, et vers 4 villes de Madagascar au 1er décembre), cela ne veut pas dire que voyager sera une partie de plaisir. “Il y a plein de contraintes. Car il y a celles qui nous concernent, nous en France, mais aussi l’Europe, et le reste du monde !”, souligne la représentante du syndicat à La Réunion.
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Les règles de chaque pays, en cette période de deuxième vague, ne cessent de fluctuer. En Afrique du Sud par exemple, à l’heure où nous écrivons, un isolement de 10 jours est obligatoire. En Thaïlande, 14 jours. En Inde, 7 jours. Aux Seychelles, 5 jours.
A Madagascar, les autorités demandent un isolement de 48h en attendant les résultats du test PCR effectué à l’arrivée. Pour Maurice, si l’île est de nouveau accessible depuis peu, à condition d’avoir respecté un isolement de 14 jours, pour la réouverture totale des frontières ce ne sera “pas avant fin janvier”, selon Catherine Frécaut.
Toutes ces quatorzaines au-delà d’être obligatoires, sont aussi à respecter dans des lieux désignés, et aux frais du voyageur. Aussi, quel que soit le pays, il faudra passer par de nombreux tests PCR, qu’ils doivent être faits avant de prendre l’avion, à l’arrivée dans le pays, et/ou après la période de quarantaine.
“Les gens ne souhaitent pas se déplacer avec toutes ces incertitudes”
Ensuite, quarantaines et dépistages ne garantissent pas forcément de passer de bonnes vacances. Le touriste, en cette période, n’est pas à l’abri de fermetures de frontières et de reconfinement du pays dans lequel il se trouve. Devoir attendre un éventuel vol de rapatriement, sans savoir quand on va retrouver son territoire d’origine ne fait pas partie de l’idée que l’on se fait de bonnes vacances. De quoi refroidir les ardeurs des globe-trotteurs les plus aguerris.
Dans ces conditions, vendre des séjours relève du casse-tête pour les agences, et de la prise de risques pour le client. “On a rien contre les mesures. Mais nous aujourd’hui, on ne peut pas faire n’importe quoi, il faut qu’on soit prudents, et qu’on mesure bien le contexte lié à chaque vente. En tant qu’agence de voyages, on ne fera pas prendre aux clients de risques pour des vacances”, explique Catherine Frécaut. “Pour nous, il est plus prudent d’attendre et de promouvoir des séjours quand ils seront compatibles avec le contexte”.
D’autant que la demande risque de ne pas être au rendez-vous. “Les gens ne souhaitent pas se déplacer avec toutes ces incertitudes”, constate Catherine Frécaut, qui est aussi directrice générale du réseau d’agences Bourbon Voyages.
Même observation chez Wel’come Vacances, qui compte trois agences sur l’île. “Sur les voyages touristiques, on est au point mort. Le facteur de risque est trop élevé, il y a trop d’incertitudes”, constate Saphira Juhoor, responsable.
Une réelle attente d’un contexte plus stable
En revanche, l’attente d’une situation plus stable est réelle. “J’ai des clients qui appellent quand même pour se renseigner et qui me disent “dès que les frontières ouvrent vous m’appelez !”, surtout pour Maurice, mais aussi l’Afrique du Sud, les Seychelles…”, observe Saphira Juhoor. “Mais il n’y aura pas de réservations tant qu’il n’y aura pas de certitude. Disons que tant qu’il y aura l’état d’urgence en France, le risque sera toujours là”. Et pour l’instant, celui-ci court jusqu’au 16 février 2021.
“C’est sûr qu’aujourd’hui, le manque de visibilité pénalise toute la filière”, poursuit quant à elle Catherine Frécaut.
Dans le meilleur des cas, si au 1er décembre les motifs impérieux sont supprimés pour les voyages au départ de La Réunion, les professionnels du voyage n’attendent pas une immédiate ruée sur les séjours. “ll y a certainement des gens qui vont réserver immédiatement, mais pour le travail. On sait que la réouverture des destinations régionales est très attendue, parce que beaucoup de gens ont besoin de se déplacer dans la zone pour le travail”, avance Saphira Juhoor, de Wel’Come Vacances. Mais pour les voyages d’agrément, il faudra plus de temps. “Je pense que les gens vont quand même tâter le terrain et attendre un peu pour voir. On va attendre 2021 et voir ce que le gouvernement annonce. Et là on pourra se projeter. Ce que cette crise a démarré, c’est la réservation de dernière minute”.
La métropole, destination vacances la plus prudente ?
Même avis chez la présidente du syndicat des Entreprises de voyages. “Si voyage il y a pour les fêtes, ce sera sur des décisions de dernière minute. Ce qui est sûr, c’est que les gens n’ont jamais autant envie de voyager que maintenant”. Pour Catherine Frécaut, la métropole resterait encore l’option la plus sûre pour la fin d’année, dans ce contexte, en imaginant que d’ici les fêtes les motifs impérieux et le confinement soient levés. “Ca reste un choix de vacances potentielles, et surtout, le meilleur choix de vacances accessibles pour les Réunionnais, parce qu’il n’y aurait pas de quarantaine”.
Réciproquement, La Réunion pourrait devenir une destination prisée pour les métropolitains, dès la reprise du tourisme. “Ce qui est très encourageant, c’est qu’en terme de recherches sur le web, c’est La Réunion qui est en tête actuellement. C’est un signe plutôt positif, en tout cas si les conditions sanitaires sont réunies pour qu’elle devienne une des destinations à favoriser par le marché métropolitain”. Soupirant : “On est bien obligés d’être optimistes”.
J.CTS
Pour plus d’informations sur les conditions de voyage en période Covid (quatorzaines, tests PCR, etc..) dans le monde -> https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/
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