[Faits Divers] Une plantation de zamal pour Maurice démantelée

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SAINT-PAUL. 125 kilos de cannabis ont été découverts mercredi par les douanes dans une exploitation agricole de Petite-France. Une marchandise destinée au marché mauricien.

C’est au cours d’une banale opération de contrôle du gasoil sur une exploitation agricole des hauts de Saint-Paul que les agents de la direction régionale des douanes ont découvert mercredi que cette famille de planteurs-maraîchers ne cultivait pas que des artichauts et de la canne à sucre. À l’intérieur des serres à légumes et sur la parcelle agricole de 7 hectares, des dizaines de pieds de cannabis étaient ainsi débusqués par les douaniers, tombés sur une plantation de zamal visiblement bien organisée.

Ce sont au total 125 kilos d’herbe qui ont été saisis, dont 8 kilos séchés, triés et stockés dans des glacières. Confiée aux soins de la section de recherche de la gendarmerie, l’enquête judiciaire va rapidement permettre de dessiner les contours de cette entreprise illicite.

Placé en garde à vue, le titulaire de cette exploitation sise à Petite-France reconnaît sans difficulté s’adonner depuis sept ans à cette activité parallèle lui ayant permis de “développer” son exploitation légale, alors que lui-même ne consomme même pas de cannabis. Mais depuis deux ans, il affirme n’avoir plus qu’un unique client, un Réunionnais exportant du zamal vers Maurice.

À raison de deux à trois chargement par an, ce dernier lui achète l’intégralité de sa production pour ses clients de l’île-sœur, où le cannabis réunionnais fait désormais figure d’or vert. Particulièrement coopératif, l’agriculteur confie aux gendarmes que cette activité a dû lui rapporter entre 150 et 200 000 euros. Des sommes réinvesties dans son exploitation agricole et dans le train de vie du ménage.

 

 

TROIS ANS DE PRISON

 

Sont ainsi saisis par la justice un SUV Citroën d’une valeur de 35 000 euros payé cash, une camionnette, une pelle mécanique et un tracteur d’une valeur de 90 000 euros pour partie payés avec l’argent du zamal.

“J’assume ce que j’ai fait, j’ai pris un risque mais c’était pour donner une vie meilleure à mes enfants et développer mon exploitation”, s’est justifié l’agriculteur hier, alors qu’il était jugé en comparution immédiate aux côtés de son frère et de sa compagne. “On n’a pas fait de folies, pas de voyages, c’était pour équiper la maison et investir dans du matériel agricole”, déclare la compagne en larmes.

Des explications inacceptables pour le ministère public. “C’était une affaire réfléchie, coordonnée, dont ils ont largement profité pour s’enrichir” a pointé le procureur en réclamant des peines allant jusqu’à trois ans de prison et 50 000 euros d’amende.

“Ce sont des enfants de la terre, qui ont pris la mauvaise voie pour essayer de s’en sortir” a plaidé en défense Me Anna Ferrer, rappelant que “contrairement aux trafiquants qui passent habituellement à la barre, ceux-ci ont collaboré à l’enquête et fourni des explications à toutes les questions.”

Après délibéré, le tribunal a condamné l’exploitant agricole à trois ans de prison dont un ferme et 20 000 euros d’amende, auxquels s’ajoutent 80 000 euros d’amende douanière. Les juges ont en revanche ordonné la restitution d’une camionnette et du tracteur nécessaire à la poursuite de l’activité de l’exploitation.

 

Sébastien Gignoux

 

 

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