le grain de folie des reality-shows britanniques

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La 11e saison de l’émission « The Great British Bake Off » (GBO) est diffusée sur Channel 4.

LETTRE DE LONDRES

Le confinement printanier et le reconfinement automnal ont eu au moins un avantage, de ce côté-ci de la Manche : nous donner l’occasion et l’excuse de découvrir quelques reality-shows typiquement british. Deux, en particulier, avec ce petit grain de folie si exotique pour des Français souvent bien trop sérieux : « The Great British Sewing Bee » (« GBSB »), dont la saison 6 a commencé d’être diffusée en avril sur la BBC, et sa cousine germaine, « The Great British Bake Off » (« GBBO »), dont on déguste – exclusivement avec les yeux – la saison 11, qui a commencé fin septembre sur Channel 4.

Les deux shows sont réalisés sur le même modèle : deux juges, trois challenges par épisode (technique, créatif, réinterprétatif), une dizaine de candidats au départ, tous amateurs. A la différence près que, dans « GBSB », ils s’affrontent à la machine à coudre, alors que, dans « GBBO », ils sont armés de spatules, poches à douille et moules à gâteau. Les souvenirs de « GBSB » s’effilochent déjà un peu mais on se rappelle quand même que c’est Clare, une jeune médecin de Winchester (sud de l’Angleterre), qui a gagné et que c’était évident dès le premier épisode.

Kilt jaune et noir

Cette fan des années 1940, s’habillant exclusivement avec des vêtements cousus maison (cardigans étriqués sur robes longueur aux genoux), dominait largement ses condisciples côté technique – ses coupes étaient toujours impeccables, ses finitions parfaites. Impossible de surpasser son kilt jaune et noir, sa robe « science-fiction », avec tuyaux et chutes de tissus, ou sa mignonne robe à smocks réalisée avec des nappes provençales pourtant franchement moches. Elle choisissait souvent des imprimés enfantins et des couleurs franches (orange, jaune, brun chocolat) mais les deux juges adoraient. On préférait Nicole, moins irréprochable sur les finitions mais nettement plus sophistiquée côté imprimés et coupe.

Avec « GBBO », tourné l’été dernier quelque part dans l’Hertfordshire (nord de Londres), on mesure encore mieux à quel point le rapport au bon goût diffère des deux côtés du Channel. Les Britanniques envisagent la nourriture de manière indéniablement plus ludique que les Français. Soyons honnêtes : le show nous a rarement mis en appétit, mais il nous a bien fait rire. Premier épisode, première mise en bouche assez brutale, avec comme challenge créatif la réalisation d’un « gâteau-tête ».

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