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DécryptagesDans ses mémoires (publiées chez Fayard), l’ancien président américain revient sur ses débuts en politique à la fin des années 1990, et sur ses premières années à la Maison Blanche, entre souvenirs familiaux et complexité de l’exercice du pouvoir.
Livre. Au-delà de l’écume médiatique, que retenir d’Une terre promise (Fayard, 890 pages, 32 euros), les mémoires de Barack Obama ? La longueur déjà : plus de 800 pages, et cela ne représente que le premier tome (seul Clinton a fait plus long en moins de temps : 1 000 pages pour Ma Vie, en 2004). Le 44e président a mis trois ans et huit mois pour écrire son livre, plus que tous ses prédécesseurs, à l’exception de Nixon qui, il est vrai, est resté des années empêtré dans les suites judiciaires du Watergate.
Près de 900 000 exemplaires ont été vendus dès le premier jour (légèrement mieux que le livre de Michelle, Devenir, paru en novembre, « mais je ne m’en vante pas », a glissé l’ancien président). Des dizaines d’interviews, un tsunami littéraire en guise de plan média. Obama a même diffusé sur les réseaux sociaux sa playlist « en l’honneur de la parution » du livre, comme si le lecteur avait besoin de savoir ce qu’écoute le président des Etats-Unis quand il décide d’augmenter les effectifs en Afghanistan ou de réglementer les émissions de méthane. Il y a trois semaines, Donald Trump occupait tout l’espace.
Ces jours-ci, on ne voit plus qu’Obama. Une bouffée de nostalgie s’est emparée du pays démocrate, comme « un bain chaud », a commenté l’éditorialiste Kathleen Parker dans le Washington Post. Un retour à la civilisation d’avant-Trump, presque à la raison. Un prélude à l’après.
L’humiliation de Donald Trump
Le récit débute par sa rencontre avec Michelle en 1989 à Chicago, et le début de sa carrière politique. Il s’arrête à un moment fatidique de sa présidence, au printemps 2011. Dans la nuit du 1er mai, les troupes d’élite des Navy Seals abattent Oussama Ben Laden dans son refuge d’Abbottabad au Pakistan ; la veille, le 30 avril, le président a sacrifié à la tradition du dîner des correspondants de presse à la Maison Blanche.
Dans son intervention – un monologue parodique comme le veut la coutume –, il a humilié Donald Trump, l’un des invités (assis à la table du Washington Post, qui n’avait pas encore il est vrai été racheté par Jeff Bezos). Le magnat de l’immobilier – et pyromane, déjà, du complotisme – questionnait depuis des semaines l’authenticité de l’acte de naissance du premier président afro-américain des Etats-Unis. Ce soir-là, Obama se défoule. Il ironise sur la « profonde expérience » de l’animateur de « Celebrity Apprentice » et sur son habileté à arbitrer des concours de cuisine, « le genre de décisions qui me tiennent éveillé la nuit ». La salle explose de rire mais Trump a le visage mauvais, et c’est ce jour-là, si on en croit la légende washingtonienne, qu’il jure de se venger.
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