La grande pauvreté rurale en voie de disparition en Chine

0
55

[ad_1]

Récolte de maïs dans un champ à la périphérie de Jiayuguan, province du Gansu, Chine, le 28 septembre.

Situé en pleine montagne, dans le village de Shanbei, à l’extrémité sud de la province du Gansu, l’hôtel de luxe n’accueillera ses premiers clients qu’en mai 2021. La route qui y mène n’est d’ailleurs pas encore tout à fait achevée. Dans la plaine, les immeubles ne sont pas terminés non plus. Au rez-de-chaussée, la moitié des commerces restent inoccupés et la crèche n’est toujours pas ouverte. Mais peu importe, le temps presse. Le 6 mars, le président chinois Xi Jinping a été très clair : malgré le Covid-19, « la victoire complète dans la lutte contre la pauvreté », officiellement lancée en 2014, ne saurait souffrir d’aucun retard. Officiellement, il ne devrait donc plus y avoir de pauvres en Chine le 31 décembre 2020. Selon les chiffres officiels, il y en avait 98,99 millions fin 2012 et encore 5,5 millions fin 2019. Alors que le Parti communiste chinois va fêter en grande pompe son centième anniversaire en 2021, l’enjeu politique est majeur.

Même si nombre de chantiers restent inachevés, le moment est venu d’inviter les journalistes dans les provinces les plus reculées y admirer les progrès réalisés. En doublant sur les routes du Gansu des vieillards tirant à bout de bras de lourdes charrettes chargées de fruits ou de vieux cartons, on a bien quelques doutes mais, les innombrables grues et toupies à béton aperçues le confirment : la Chine ne lésine pas sur les moyens pour désenclaver cette province montagneuse, coincée entre le plateau du Tibet et celui de Mongolie intérieure, et reloger dans les villes les paysans accrochés jusqu’ici à des terres ingrates.

En Chine, la pauvreté répond à plusieurs critères. Le premier est le revenu. Est pauvre celui qui, en 2020, dispose d’un revenu annuel inférieur à 4 000 yuans (514 euros). Par ailleurs, la Chine s’engage à ce que les pauvres puissent se nourrir et se vêtir et qu’ils bénéficient de « trois garanties » : l’accès à une éducation obligatoire, à des services médicaux de base et à un logement. Selon Liu Yongfu, directeur du Bureau gouvernemental pour la réduction de la pauvreté et le développement, « plus de huit millions de personnes pauvres ont été relogées ces dernières années » et seules 150 000 personnes ne disposent toujours pas des « trois garanties ».

Relogement

Les responsables chinois eux-mêmes le reconnaissent : le seuil retenu – 4 000 yuans par an – est particulièrement bas. Le revenu médian en Chine est de 26 500 yuans (3 400 euros) : 39 200 yuans (5 038 euros) dans les villes et 14 390 (1 849 euros) dans les campagnes. S’ils avaient repris la définition de la pauvreté généralement admise au niveau international – 60 % du revenu médian –, les dirigeants chinois auraient dû fixer le seuil, dans les campagnes, à 8 600 yuans, plus du double de celui retenu.

Il vous reste 68.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: