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La situation sanitaire à New Delhi continue de se dégrader. Le nombre de cas de coronavirus a explosé dans la capitale indienne depuis plusieurs semaines, aggravé comme attendu à l’occasion de Diwali, la grande fête annuelle des hindous qui a eu lieu le 14 novembre, avec – officiellement – une moyenne de 7 000 infections et une centaine de morts par jour. C’est désormais la ville la plus affectée du pays, qui a lui franchi, le 20 novembre, le cap des neuf millions de contaminations. Les autorités de la mégapole, qui passent du chaud au froid, du déni à l’action, ont ordonné, jeudi 19 novembre, aux hôpitaux privés de réserver 80 % de leurs lits de soins intensifs et 60 % des lits normaux aux patients atteints du Covid 19. Les opérations non urgentes doivent être reportées.
Les hôpitaux privés s’étaient opposés à cette mesure, arguant qu’ils avaient besoin de ces lits de soins intensifs pour les malades du cancer, les transplantations de reins et de foies, les accidents cérébrovasculaires et cardiaques. Mais il y a désormais urgence, car les malades du Covid-19 ne peuvent plus être accueillis dans des conditions satisfaisantes et doivent parfois attendre plusieurs jours pour être pris en charge. Les hôpitaux publics ont presque atteint la saturation. Plus de 90 % des lits en soins intensifs équipés de respirateurs à New Delhi sont occupés.
Les autorités régionales ont aussi demandé à tous les districts de doubler le nombre de centres de dépistage de Covid-19. Actuellement, la ville, qui compte 21 millions d’habitants, effectue un peu plus de 50 000 tests par jour. Autres mesures : le nombre de convives dans les mariages a été abaissé de 200 à 50 personnes ; le non-port du masque sera passible d’une amende de 2 000 roupies ; un crachat dans la rue ou le non-respect de la distanciation sociale de 500 roupies. Des policiers opèrent depuis le début de la semaine aux abords des routes, arrêtant les voitures dont les passagers ne respectent pas le port du masque mais, dans la rue, beaucoup d’habitants continuent à porter des protections de manière aléatoire.
La pression de la justice
La dégradation de la situation sanitaire était attendue, car en préparation de Diwali, les Delhiites se sont massés sur les marchés pour acheter bougies, lampes à huile et présents pour la famille, sans aucune distanciation sociale. Malgré la catastrophe prévisible, le chef de gouvernement de Delhi, Arvind Kejriwal, s’est refusé à prendre des mesures de restriction ou de confinement, soutenant que la poussée épidémique était due à la pollution de l’air et que la situation serait « sous contrôle » dans les sept à dix jours.
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