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Environ 5 000 personnes ont participé vendredi 20 novembre à Minsk aux funérailles de Roman Bondarenko, un militant d’opposition de 31 ans, mort à l’hôpital la semaine dernière au lendemain de son arrestation par la police.
Proches et anonymes se sont retrouvés près d’une église de la banlieue de Minsk, beaucoup ont apporté des fleurs rouges et blanches – les couleurs de l’opposition – qu’ils ont ensuite déposées au cimetière du nord de la capitale où a été enterré Roman Bondarenko.
Cet ancien soldat de 31 ans a été arrêté par la police mercredi dernier à Minsk après une altercation entre des habitants et des hommes masqués qui retiraient des rubans rouges et blancs accrochés dans une cour d’immeuble. Souffrant de lésions cérébrales, il est mort le lendemain dans un hôpital, sur fond de lourds soupçons de passage à tabac.
« Son sacrifice n’a pas été vain »
« Ramener Roman n’est pas en notre pouvoir, mais nous pouvons faire en sorte que de tels crimes ne se répètent jamais », a écrit la figure de proue de l’opposition, Svetlana Tsikhanovskaïa, en exil en Lituanie, sur sa chaîne Telegram.
Aux funérailles, les gens ont applaudi et chanté « Roma tu es un héros » – utilisant le diminutif de Roman – et « Je sors », une allusion au dernier message envoyé par le jeune homme à sa famille. Sonneur de cloches, Alexeï, qui a demandé que son nom de famille ne soit pas divulgué, a déclaré être venu prier pour l’âme de Roman Bondarenko. « Son sacrifice n’a pas été vain », a-t-il déclaré à l’AFP.
L’opposition biélorusse réclame depuis plus de trois mois la démission du président Alexandre Loukachenko, réélu pour un sixième mandat en août malgré des accusations de fraude massive. Des manifestations hebdomadaires, chaque dimanche, ont réuni jusqu’à plus de 100 000 personnes à Minsk, un record dans l’histoire de ce pays. La mobilisation était toutefois en baisse ces dernières semaines.
Alexandre Loukachenko, 66 ans, a répondu par la répression : des centaines de personnes sont arrêtées à chaque manifestation, tous les leaders de l’opposition ont été emprisonnés ou contraints à l’exil, et au moins quatre personnes sont mortes lors de manifestations ou après leur interpellation. Des manifestants arrêtés ont par ailleurs accusé la police de torture.
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