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En imagesLa photographe Xiaoxiao Xu a parcouru le monument et posé son regard sur ceux qui vivent à son pied. Loin de la carte postale, ses images montrent le quotidien d’une Chine rurale et empreinte d’histoire.
C’est la fierté de la Chine et l’une des plus impressionnantes constructions de l’histoire de l’humanité. Mais, pour certains, la Grande Muraille est simplement un élément du quotidien. Ils vivent dans des bourgs du Nord, au pied de sections du réseau de fortifications érigé pour se protéger des incursions des nomades mongols. Ils labourent les champs, vont à l’école, fêtent le Nouvel An lunaire, avec toujours pour décor ce morceau d’histoire pour eux banal.
D’un voisin à l’autre, la relation au mur est équivoque. Pour certains, le lieu, avec ses alentours, est surtout propice pour faire paître les chèvres et cultiver des légumes. Des portes de bois ont été installées sur des tours de garde subsistantes afin de s’établir à l’intérieur. La vie des gens s’est entremêlée aux ruines. Mais, pour d’autres, inquiets des dommages causés par l’érosion, le tourisme et la négligence, s’est développé le sentiment d’être investis d’une véritable mission. Ils se font « protecteurs de la muraille », en échange d’un modeste subside gouvernemental d’une dizaine d’euros par mois, par attachement à cet héritage. Ou parce qu’ils estiment que leurs ancêtres sont venus de loin pour contribuer à son édification.
8 % du mur initial subsistent, souvent en piteux état
En fait, il n’y a pas une muraille, mais une multitude de portions de remparts bâties par les dynasties successives, de ceux du « premier empereur », Qin Shi Huangdi, déjà inspirés de protections apparues dès le VIIe siècle avant notre ère, au réseau plus abouti de la dynastie Ming (1368-1644). Au total, en y incluant tranchées et barrières naturelles, 21 000 kilomètres, selon les estimations du gouvernement chinois, dont seulement 8 % subsistent, souvent en piteux état, loin de la carte postale envoyée par les touristes à l’issue d’une excursion d’une journée depuis Pékin. Parfois n’est plus visible qu’un parapet de terre s’étirant à perte de vue, à d’autres endroits un long amas de briques.
La photographe Xiaoxiao Xu, qui a quitté Wenzhou, au sud de Shanghaï, à l’adolescence pour émigrer aux Pays-Bas, avait déjà plongé dans la Chine « d’en bas », ses rêves et ses ambitions, en photographiant des passionnés qui assemblent d’improbables aéronefs de bric et de broc. Cette fois, elle s’est lancée dans le long voyage où l’a conduite la muraille, inspirée par la lecture de l’ouvrage Country Driving, de Peter Hessler, paru en 2011 : le correspondant du New Yorker avait entrepris de parcourir la Chine en voiture depuis la côte orientale, proche de la capitale, jusqu’au plateau tibétain.
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