Washington va réduire sa présence militaire en Afghanistan et en Irak mi-janvier

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Près de vingt ans après les attentats du 11-Septembre, les Etats-Unis vont réduire le nombre de leurs soldats en Afghanistan et en Irak. Environ 2 000 militaires se seront retirés d’Afghanistan le 15 janvier 2021, et 500 autres auront quitté l’Irak pour ne laisser que 2 500 soldats dans chaque pays, a annoncé mardi 17 novembre le nouveau ministre américain de la défense par intérim, Christopher Miller.

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Le retrait interviendra alors que Donald Trump, qui avait promis en 2016 de mettre un terme aux « guerres sans fin », cédera le pouvoir au démocrate Joe Biden cinq jours plus tard.

Cette décision reflète le souhait du président américain de « mettre fin avec succès et responsabilité aux guerres en Afghanistan et en Irak et de ramener nos courageux soldats à la maison », a affirmé M. Miller.

Son prédécesseur Mark Esper, limogé la semaine dernière, plaidait lui pour le statu quo, comme d’autres responsables militaires opposés à un retrait tant que la violence ne diminue pas sur le terrain. Près de 7 000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 ont été blessés depuis le lancement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard, selon le Pentagone.

Sept roquettes visent l’ambassade américaine au même moment

Au même moment que l’annonce de Christopher Miller, mardi soir, sept roquettes ont visé l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad, rompant plus d’un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes pro-Iran. Quatre projectiles se sont abattus dans la Zone verte où se trouve cette chancellerie, tandis que trois autres sont tombées dans des quartiers de Bagdad, tuant une fillette et blessant cinq civils, a précisé l’armée.

L’attaque, menée depuis un quartier de l’Est de Bagdad de même source, a aussi eu lieu deux heures après un entretien téléphonique entre le premier ministre irakien Mustafa Al-Kadhimi et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo. Les deux hommes ont notamment évoqué, selon le bureau de M. Kadhimi, « l’avenir de la coopération entre l’Irak et la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis », déployée en 2014 en Irak pour combattre le groupe djihadiste EI.

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Des dizaines de roquettes ont déjà visé la Zone verte de Bagdad où siège cette chancellerie. A la mi-octobre, les factions pro-Iran en Irak avaient annoncé qu’elles n’attaqueraient plus l’ambassade américaine à condition que Washington annonce le retrait de toutes ses troupes d’ici la fin de l’année.

Des craintes des alliés

L’annonce américaine suscite la crainte, aux Etats-Unis et dans le monde, d’une résurgence des groupes extrémistes. Et si le « califat » autoproclamé du groupe Etat islamique (EI) s’est effondré en mars 2019, les djihadistes continuent de semer la terreur.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell avait estimé lundi que les Etats-Unis « abandonneraient » leurs alliés en cas de retrait prématuré. Celui-ci « ravirait les personnes qui nous souhaitent du mal », a averti M. McConnell, pourtant un allié de M. Trump.

Le sénateur Jack Reed, membre démocrate de la commission des forces armées, a dénoncé « une approche à courte vue [qui] n’apportera pas la paix et qui plus sûrement menacera l’Amérique ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a averti que l’Afghanistan pourrait « redevenir une base pour les terroristes internationaux » en cas de retrait des quelque 12 000 soldats de l’Alliance, dont moins de la moitié sont américains.

La France a estimé que ce serait une mauvaise idée et l’Allemagne, qui a 1 300 soldats déployés, a exigé que ce retrait soit coordonné au sein de l’OTAN.

Hausse des violences en Afghanistan

« On y est allé ensemble, on a changé ensemble, et quand le temps sera venu, on partira ensemble », a dit le ministre américain pour rassurer ses alliés. M. Miller a précisé avoir parlé à M. Stoltenberg et au président afghan Ashraf Ghani. « Nous continuons à nous tenir à ses côtés alors que son gouvernement travaille à un règlement négocié pour la paix » avec les talibans.

Des pourparlers de paix sont en cours entre les talibans et le gouvernement afghan, faisant suite à un accord entre Washington et les insurgés qui entérine le retrait des forces américaines d’ici la mi-2021.

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« Al-Qaïda est en Afghanistan depuis des décennies et nous serions idiots de dire qu’ils vont s’en aller demain », a expliqué un haut responsable du Pentagone peu avant l’annonce de M. Miller. « La solution est de négocier un partage du pouvoir ou un espèce d’accord selon lequel les talibans et le peuple afghan peuvent vivre côte à côte en paix. »

Mais les violences n’ont fait qu’augmenter ces derniers mois. Une attaque le 2 novembre contre l’université de Kaboul a fait au moins 22 morts, des étudiants pour la plupart. Elle a été revendiquée par le groupe EI mais le gouvernement a accusé les talibans d’en être les instigateurs.

Le Monde avec AFP

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