[ad_1]
Le 17 novembre 2018, lorsque le mouvementdes Gilets jaunes entame sa toute première mobilisation, y compris à La Réunion, l’une des principales revendications tourne autour du prix des carburants, jugés trop chers.
A LIRE AUSSI -> Gilets jaunes : la baisse du carburant comme “principale revendication”
A LIRE AUSSI -> Taxe spéciale sur la consommation du carburant : Où va l’argent ?
Pour rappel, c’est la préfecture qui, chaque mois, fixe les prix à la pompe, ainsi que celui de la bouteille de gaz, contrairement à la métropole où ils sont libres. En novembre 2017, le sans-plomb se monnayait ainsi à 1,56 euro le litre, le gazole à 1,28 euro le litre, et la bouteille de gaz à 18,75 euros.
Qu’en est-il deux ans après ?
Ce mois de novembre 2020, les prix semblent avoir effectivement diminué : 1,22 euro le litre de sans-plomb, 0,92 euro le litre de gazole, et 16,83 euros la bouteille de gaz.
Mais cette baisse n’a pas été constante au long des deux dernières années, comme on peut le voir sur ce graphique des services de la préfecture, indiquant les hausses et baisses successives du prix des hydrocarbures.

Deux jours après le début de la mobilisation, interpellée au sujet des prix des hydrocarbures, la Région Réunion avait annoncé son intention de geler le montant de le taux de la taxe carburants à La Réunion, perçue par la collectivité. Ce taux avait ainsi été ramené aux bases de janvier 2017. La décision avait ensuite été validée en mars 2019.
A LIRE AUSSI -> La Région confirme le gel de la taxe carburant
Dix jours après le début du mouvement, la ministre de l’outremer à l’époque, Annick Girardin, annonce une baisse des prix anticipés dans les stations-service dès le 27 novembre : -13 cts sur le sans-plomb et -7 cts sur le gazole.
A LIRE AUSSI -> Les carburants moins chers dès aujourd’hui
Mais ce ne sera pas suffisant pour stopper les Gilets jaunes, dont les revendications sur multiplient. De plus, le prix du baril de pétrole au niveau mondial lui, a continué de fluctuer, menant à malgré tout des ré-augmentations régulières des prix pour le consommateur réunionnais.
Au-delà de la “crise”, l’atelier carburants de l’Observatoire des prix, marges et revenus (OPMR) veut améliorer le dispositif de composition des tarifs. Et exige un audit économique et une rencontre avec les acteurs de la filière au deuxième semestre 2019. Les résultats d’un de travaux sont tombés fin septembre 2020. Verdict : le secteur manque toujours de transparence, que ce soit au niveau de la qualité des carburants importés, de leur stockage à La Réunion, ou encore de la différenciation entre les activités de revente et d’import, 75% des stations appartenant aux pétroliers.
A LIRE AUSSI -> Carburants : un secteur qui manque encore de transparence
A LIRE AUSSI -> L’atelier carburant de l’OPMR présente ses travaux: 10 millions d’euros de transbordement par an
A LIRE AUSSI -> Lutte contre la vie chère : Entre “gilets jaunes” et Cospar, le pouvoir d’achat sinon rien
Une autre revendication majeure des Gilets jaunes a été cette fameuse différence de prix observée entre la métropole et La Réunion, les consommateurs estimant la vie trop chère sur l’île. Une différence reconnue par tous, qu’ils soient manifestants ou non. “Nous le savons tous, la situation des outre-mers est hors-norme. L’indice des prix est plus élevé ici que dans l’hexagone, jusqu’à 40% de plus qu’en métropole. Les inégalités de revenus sont plus importantes qu’en métropole, et la vie chère, elle est pour tous”, déclare la ministre de l’outre-mer lors de son déplacement à La Réunion, en pleine crise. En cause, le coût du fret, des livraisons terrestres, les frais de manutentions portuaires, ou encore l’octroi de mer et la TVA.
A LIRE AUSSI -> VIDEO – Vie chère : Quotidien de Yann Barthès fait ses courses à La Réunion et la métropole
A LIRE AUSSI -> Gilets Jaunes : une marche contre la vie chère pour l’acte 13 à La Réunion
Alors dans la foulée du 17 novembre 2018, plusieurs mesures sont annoncées par Annick Girardin. Dont la renégociation du bouclier qualité prix (BQP), dont le prix doit baisser de 10%, une participation citoyenne de 50 Réunionnais tirés au sort à l’OPMR, ou encore la création d’un panier péi pour manger local.
A LIRE AUSSI : VIDEO – Qu’a proposé Annick Girardin pour le pouvoir d’achat des Réunionnais ?
A LIRE AUSSI -> Observatoire des prix : “Une baisse de plus de 10 % est possible”
Deux ans plus tard, concernant le BQP, il a effectivement été révisé. Mais le Covid est passé par là. Les internautes étaient appelés à s’exprimer sur les produits qu’ils voulaient voir figuer dans ce BQP 2020. Il devait aussi inclure 205 produits au lieu de 109. Mais faute au Covid, il faudra attendre puisque c’est le BQP 2019 qui a été reconduit, au montant négocié de 253 euros. En juin 2020, la liste des 109 produits était même moins chère : 244,98 euros en moyenne. En juin 2018, les 109 produits du BQP s’élevaient à un prix global de 288 euros. Soit une baisse d’environ 15%. Promesse tenue.
S’est ajouté à ce BQP, pendant la crise sanitaire, un panier de 52 produits essentiels au prix encadré, dont du gel hydroalcoolique.
A LIRE AUSSI -> Jusqu’au 4 février, vous pouvez choisir les produits du BQP 2020
A LIRE AUSSI -> Le conseil citoyen échange avec le ministère
A LIRE AUSSI -> BQP : 60 infractions relevées lors de contrôles des prix
En février 2019, les 50 citoyens sont désignés pour intégrer l’OPMR, et donneront désormais leur avis. Mais ils estiment ne pas être réellement entendus, notamment par le ministre de l’Outre-mer Sébastien Lecornu, qui en août n’aura pas le temps de les rencontrer.
A LIRE AUSSI -> Les 50 nouveaux associés de l’OPMR désignés
A LIRE AUSSI -> Girardin mise sur l’observatoire des prix citoyen
A noter qu’un délégué à la concurrence outre-mer, Francis Amand, est nommé dès le mois de décembre 2018. Mais il faut dire que sa nomination était déjà dans les tuyaux, décidée par Emmanuel Macron suite aux Assises des outre-mer. Les Gilets jaunes l’ont accélérée.
A LIRE AUSSI -> Francis Amand part en guerre contre la vie chère
A LIRE AUSSI -> Concurrence en Outre-mer : Francis Amand passe à l’action
En juillet 2019, l’Autorité de la concurrence remet à Annick Girardin son rapport sur le fonctionnement des marchés d’importation et de distribution en outre-mer. Un rapport commandé en juin 2018 par le gouvernement, avant même l’apparition des Gilets jaunes. Il conclut, entre autres, que les marges ne sont pas les seules responsables des écarts de prix avec la métropole, ou que le fret pèse sur le prix des produits importés, ou encore qu’il y a une forte présence des produits surgelés, ou produits de dégagement.
A LIRE AUSSI -> Ce que dit le rapport de l’Autorité de la concurrence sur les produits de grande consommation en outre-mer
Quant au panier péi, il est toujours absent des commerces, faute d’avoir pu être réfléchi pendant la crise sanitaire. Mais pourrait faire son apparition au BQP 2021. Mieux vaut tard que jamais.
Liée au pouvoir d’achat, la question de l’octroi de mer refait surface régulièrement à La Réunion. La crise des Gilets jaunes n’y fait pas exception : les manifestants sont nombreux à réclamer sa suppression. Mais deux ans plus tard, l’octroi de mer est toujours là. Même si les lignes ont un peu bougé. Le 13 décembre 2018, sous l’impulsion d’Annick Girardin, le Commissaire européen chargé des affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, émet une liste de 84 produits locaux supplémentaires qui pourront bénéficier d’une réduction ou d’une suppression de la fameuse taxe.
A LIRE AUSSI -> Octroi de mer : 84 produits supplémentaires vont bénéficier d’une réduction ou d’une suppression de la taxe
La ministre de l’outre-mer, à l’époque, s’était engagée à une révision éventuelle de l’octroi de mer en 2020, pour rendre le dispositif plus clair et lisible, mais aussi plus juste, tout en assurant sa fonction première de protection et de développement de la production locale. L’Autorité de la concurrence, dans un rapport, recommande de simplifier et de rendre plus cohérents les taux d’octroi de mer, mais aussi l’adoption d’un taux réduit et unique pour les produits vendus en ligne aux particuliers.
Le président Emmanuel Macron, en visite sur l’île en octobre 2019, déclare toutefois lors d’une rencontre avec les citoyens tirés au sort de l’OPMR : “Pas question de toucher à l’octroi de mer”.
Les choses pourraient cependant évoluer. En mai 2020, le ministère de l’Economie et des Finances a commandé une étude sur l’utilité de l’octroi de mer à la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi). Qui conclut entre autres que “c’est n”importe quoi”, l’octroi de mer n’étant ni une taxe intérieure, ni un droit de douane. Le mécanisme actuel, en tout cas, court jusqu’au 31 décembre 2020. La difficulté étant de trouver un moyen de la remplacer dans les caisses des collectivités, pour qui l’octroi de mer représente 21% des recettes…
A LIRE AUSSI -> Ce que dit le rapport de l’Autorité de la concurrence sur les produits de grande consommation en outre-mer
Les Gilets jaunes veulent, pour conforter leur pouvoir d’achat, avoir moins affaire à de grands groupes.
Le 8 juin 2019, une enquête commandée par l’Observatoire des prix, des marges et des revenus réclame le retour des épiceries de quartier pour contrer la domination des grandes surfaces sur l’alimentaire. En effet, ces dernières totalisent 85% de part de marché de la consommation alimentaire à La Réunion. Le rapport préconisait donc le regroupement des petites épiceries en coopératives.
A LIRE AUSSI -> Étude de l’OPMR sur la grande distribution : Les coopératives de commerces de proximité encouragées
Mais les groupes, concrètement, ne sont pas moins forts qu’au 17 novembre 2018. En 2019, 5 groupes distincts contrôlaient les 7 enseignes d’hypermarchés de l’île. L’un d’eux totalisait même 42% de part de marché avec 8 hypermarchés sur 17… Et encore, c’était avant le rachat de Vindemia (Jumbo, Score, Vival) par le groupe Bernard Hayot (GBH), validé en mai 2020 par l’Autorité de la concurrence.
En juillet 2020, le groupe (déjà propriétaire de la Sorelait (Danone), de Bamyrex, ou d’enseignes telles que Carrefour, Mr Bricolage, Decathlon et revendeur de plusieurs marques automobiles ou de pièces auto) a racheté Vindemia, tout en cédant 4 hypermarchés et un magasin Agora à Make Distribution, nouvel entrant, et 2 supermarchés au groupe Ah-Tak.
A LIRE AUSSI -> L’Autorité de la Concurrence donne son feu vert au rachat de Vindemia par Hayot
En novembre 2018, à La Réunion comme en métropole, les Gilets jaunes souhaitaient pouvoir s’exprimer sur les différents sujets les préoccupant au quotidien. Et être associés aux décisions des collectivités ou du gouvernement. D’où les revendications de “référendum d’initiative citoyenne”, “référendum d’initiative populaire”, ou encore de “conseils consultatifs citoyens”.
A La Réunion, dès la mi-décembre 2018, la Région Réunion tente de répondre à la demande d’un conseil consultatif citoyen (CCC). Dès le mois de janvier 2019, des ateliers participatifs rassemblent dans toutes les régions de l’île, des hommes et des femmes souhaitant s’investir dans le CCC, en commençant par définir, avec la collectivité régionale, son fonctionnement.
A LIRE AUSSI -> Gilets jaunes : la gestation du conseil consultatif sur la bonne voie
A LIRE AUSSI -> Gilets jaunes : Le CCC, qu’est-ce que c’est ?
C’est finalement fin mai 2019 que les 96 sièges du CCC sont pourvus, par tirage au sort, à des binômes respectant à la fois la parité des sexes et la complémentarité des âges. Près de 1300 Réunionnais y étaient candidats. Dans la foulée, la première rencontre se tient au MoCA, le 18 juin 2019. “Vous êtes légitimes à vous exprimer, à agir, et faire des propositions par rapport à l’action régionale”, leur enjoignait alors le président Robert.
A LIRE AUSSI -> VIDEO – Les membres du Conseil consultatif citoyen tirés au sort
A LIRE AUSSI -> La Région installe le CCC en réponse au péril jaune
Depuis, le CCC est régulièrement consulté par le conseil régional, sur les dossiers phares. Les binômes du conseil consultatif ont ainsi pu échanger avec le président de Région sur les propositions autour de la crise Covid ces derniers mois, pour donner leur avis sur les mesures prises ou à prendre.
Ils sont également consultés sur des thématiques telles que le développement durable, la jeunesse, l’octroi de mer, le prix des carburants, la mobilité, le pouvoir d’achat…
A LIRE AUSSI -> Le CCC veut participer au BQP
Quant au référendum d’initiative citoyenne, le fameux “RIC” réclamé au niveau national, il semble être mort dans l’oeuf. Même s’il aurait été un temps envisagé par Emmanuel Macron en février 2019, pour mettre fin au conflit des Gilets jaunes, et sur des sujets institutionnels comme la réduction du nombre de parlementaires, la reconnaissance du vote blanc ou la limitation du cumul de mandats dans le temps.
A LIRE AUSSI -> Macron veut faciliter le référendum à l’initiative du peuple, écarte le RIC
A LIRE AUSSI -> VIDEO – Macron reçoit les partis, l’éventuel référendum en débat
A la place, en juin 2019, les citoyens français ont pu pour la première fois participer à un “référendum d’initiative partagée” (RIP), sur le sujet de la privatisation des aéroports de Paris. Une consultation par vote dématérialisé dans les mairies ou par vote papier. Introduite dans la Constitution en 2008, la procédure du RIP n’avait jamais été utilisée jusqu’ici.
A LIRE AUSSI -> Le Référendum d’Initiative Partagée fait son chemin
[ad_2]
Source link

Have something to say? Leave a comment:
