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La section belge d’Amnesty International a longuement enquêté pour publier, lundi 16 novembre, un constat aux allures de réquisitoire sur les droits des personnes âgées durant la pandémie de Covid-19. Ce rapport, intitulé « Les maisons de repos dans l’angle mort », est un constat cinglant de la gestion défaillante des autorités publiques ; il conclut que les droits humains de nombreux pensionnaires ont bel et bien été violés. Il pose aussi une question cruciale : des hôpitaux, soucieux d’éviter un engorgement de leurs services, ont-ils délibérément refusé les personnes les plus âgées ? Chiffres et témoignages à l’appui, la réponse d’Amnesty est : oui. Les autorités n’ont pas réagi pour l’instant.
Longtemps banalisée, notamment par l’ex-ministre de la santé, Maggie De Block, la pandémie a frappé fort, très fort, la Belgique. On y dénombrait, le 16 novembre, 14 421 morts du Covid-19 pour 11,5 millions d’habitants. Selon les dernières données officielles, quelque 43 % de ces décès sont survenus dans les maisons de repos-maisons de repos et de soins (MR-MRS), mais cette proportion a grimpé à 63 % durant la première vague. Un nombre considérable, parmi les plus importants au monde, qui a entraîné, dès l’été, de nombreuses interrogations, dont celles de Médecins sans frontières. L’ONG, autrice d’un premier rapport très critique, avait dû voler au secours d’un secteur totalement désemparé, partagé entre institutions publiques, maisons privées associatives (non lucratives) et établissements privés commerciaux. Au total, 1 568 MR-MRS peuvent accueillir 140 000 personnes.
Des familles, des soignants, une partie de la presse, livraient les premiers témoignages sur une situation dramatique : des personnels soignants en nombre insuffisant, peu formés, peu préparés à la gestion d’une épidémie. Mais aussi un financement public insuffisant, des équipements de protection inexistants, une politique de tests mise en place au mois d’août seulement – alors que les établissements la réclamaient depuis mars. Durant la deuxième vague, ces tests ont de nouveau été suspendus, en octobre.
Une réaction tardive
Il y eut pire encore. Des directions de maisons de retraite se voyant refuser le transfert de pensionnaires malades vers les hôpitaux ou devant en rapatrier d’autres avec le conseil de leur injecter de la morphine… ou de prier pour leur survie. Selon MSF, 57 % des cas graves seulement ont pu être hospitalisés durant la crise. Des hôpitaux auraient fixé une limite d’âge : 75 ans au maximum pour recevoir des soins, puis 65, selon divers témoignages.
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