Face au Covid-19, la Suède adopte des restrictions sans « précédent dans l’histoire moderne du pays »

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Le premier ministre suédois SStefan Löfven annonce, lors d’une conférence de presse, les nouvelles restrictions pour freiner la propagation du Covid-19, à Stockholm, le 11 novembre 2020.

Est-ce la fin de la stratégie suédoise face au coronavirus ? La question est débattue, depuis que le premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven, a annoncé, lundi 16 novembre, l’interdiction des rassemblements publics de plus de huit personnes, à partir du 24 novembre, et pour quatre semaines au moins. Si formellement, la jauge ne s’applique pas aux réunions privées, le chef du gouvernement a enjoint les Suédois d’en faire « la nouvelle norme », pour les mois qui viennent.

« N’allez pas à la gym, ni à la bibliothèque, n’organisez pas de dîner, ni de fête à la maison, a-t-il imploré. Annulez tout (…). Et ne cherchez pas à contourner [les recommandations]. » Le ton grave, soulignant l’urgence de la situation qui « va empirer », Stefan Löfven a précisé que les mesures étaient « sans précédent dans l’histoire moderne » du pays. Le 10 novembre, son gouvernement avait déjà décidé d’interdire la vente d’alcool à partir de 22 heures, forçant les bars et restaurants à fermer à 22 h 30, jusqu’au 28 février au moins.

Même au plus fort de la pandémie, au printemps, la Suède n’avait pas adopté de telles restrictions. Préférant les recommandations aux interdictions, le royaume s’était alors distingué, en refusant de confiner sa population et en gardant ses écoles et collèges ouverts.

Augmentation des contaminations

Début juin, l’approche suédoise semblait être un échec : le pays de 10 millions d’habitants totalisait alors quatre fois plus de morts que ses trois voisins nordiques, ayant opté pour un semi-confinement. Même sur le plan économique, ses résultats étaient moins bons, avec une baisse de 8,6 % de son produit intérieur au deuxième trimestre (contre 7,4 % pour le Danemark, 6,3 % pour la Norvège et 3,2 % pour la Finlande).

Cet été, la Suède est parvenue à prendre le contrôle de la pandémie. Et pendant plusieurs semaines, au début de l’automne, le pays a semblé éviter la seconde vague. Interrogé par Le Monde, mi-septembre, le chef épidémiologiste Anders Tegnell, architecte de la stratégie suédoise, vantait une approche « durable », dont il estimait qu’elle « commençait à fonctionner ».

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Mais mi-octobre, les contaminations se sont mises à augmenter, doucement d’abord, puis de plus en plus vite, pour atteindre 4 600 cas journaliers, la semaine dernière (en hausse de 27 % par rapport à la semaine précédente). Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le taux d’incidence atteint désormais 551 cas pour 100 000 habitants (contre 53 pour la Finlande, 294 pour la Norvège et 760 pour le Danemark).

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