La mort de Walid Al-Mouallem, ministre des affaires étrangères syrien

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Walid Al-Mouallem, le 23 juin 2020, à Damas.

Le ministre des affaires étrangères syrien Walid Al-Mouallem, qui fut le visage de l’immobilisme et de l’intransigeance du régime Assad dans la guerre civile syrienne, est mort le 16 novembre, à Damas, à l’âge de 79 ans. Le gouvernement syrien, qui a annoncé cette nouvelle « avec tristesse » n’a fourni aucune information sur les causes de la disparition de ce « vétéran de la diplomatie », célèbre pour sa petite taille et son physique corpulent.

Né en 1941, dans une famille de l’élite sunnite de Damas, Walid Al-Mouallem entre au ministère des affaires étrangères de son pays en 1964 après avoir étudié l’économie à l’université du Caire. Entre ses missions en ambassade – en Tanzanie, à Djeddah, Madrid, Londres puis Bucarest où il représente son pays dans les années 1980 – et ses postes à l’administration centrale, il se fait peu à peu remarquer par ses supérieurs.

En 1990, il est nommé ambassadeur à Washington, un poste-clé à un moment-clé. Le président Hafez Al-Assad a compris que la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’URSS, son allié numéro un, l’obligeaient à se rapprocher de Washington. Son émissaire outre-atlantique s’exécute et devient une figure prisée des cercles diplomatiques de la capitale fédérale. Son nationalisme arabe à l’ancienne, son naturel affable et son aisance de grand bourgeois damascène tranchent avec le dogmatisme cassant d’Abdel Halim Khaddam, l’homme qui a façonné la diplomatie du régime baassiste entre 1970 et 1984, mort le 31 mars 2020.

Promu ministre en 2006

« “Walid” comme on l’appelait alors est devenu le visage de la Syrie aux Etats-Unis, un peu comme Bandar Ben Sultan était le visage de l’Arabie saoudite », souligne Joseph Bahout, expert en relations internationales à l’université américaine de Beyrouth. L’ambassadeur représente notamment son pays à la signature des accords d’Oslo, entre Israël et l’OLP, sur la pelouse de la Maison Blanche, en septembre 1993. En bon technicien de la négociation, il participe aux pourparlers de paix entre son pays et l’Etat hébreu, qui échouent en 2000, juste avant la mort d’Hafez Al-Assad.

Son fils Bachar Al-Assad, qui lui succède, rappelle Walid Al-Mouallem à Damas. Il devient l’assistant de Farouk Al-Charah, le successeur d’Abdel Halim Khaddam à la tête des affaires étrangères, puis son adjoint en 2005, avant d’être promu ministre en 2006. Le câble diplomatique américain qui rend compte de sa nomination, divulgué par WikiLeaks, le décrit comme un « pragmatique ouvert d’esprit ».

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