[ad_1]
Trente intervenants triés sur le volet et des absents de marque, un président du Conseil pour ouvrir les débats, des luttes de coulisses et des attaques cryptiques en tribune… pour parvenir à un résultat final dont les effets concrets ne seront visibles que plus tard, après un long travail d’exégèse. N’était-ce la crise sanitaire, qui a forcé à organiser la manifestation en streaming, les premiers Etats généraux du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui se sont tenus les 14 et 15 novembre, auraient ressemblé à s’y méprendre à un congrès de l’âge d’or de la Démocratie chrétienne. Pour une formation née avec l’ambition de révolutionner la politique, ce constat a quelque chose de profondément ironique. Mais il est aussi la marque d’une mutation inévitable.
Arrivée aux affaires au printemps 2018, après moins de dix ans d’une croissance électorale vertigineuse, la formation antisystème fondée en 2009 par l’humoriste Beppe Grillo et l’informaticien Gianroberto Casaleggio a changé en profondeur au contact du pouvoir. Les « 5 étoiles » voulaient renverser les élites traditionnelles, elles en font désormais partie. Un mouvement qui s’est accentué après le départ du gouvernement de son partenaire d’extrême droite Matteo Salvini, en août 2019.
En deux ans et demi d’exercice du pouvoir, le M5S a perdu environ la moitié de son capital électoral. Lui qui avait obtenu 32 % des suffrages aux législatives de mars 2018 n’est plus désormais crédité que d’un peu plus de 15 % des intentions de vote, loin derrière son ancien allié, la Ligue de Matteo Salvini, et son partenaire actuel, le Parti démocrate (centre gauche). Sa promesse la plus emblématique, celle de l’établissement d’une ébauche de revenu universel qui permettrait d’en finir avec la pauvreté, a été tenue, mais les ambitions ont été tellement revues à la baisse que le « revenu de citoyenneté » n’a rien eu de révolutionnaire.
Pis encore, l’exercice des responsabilités a contraint le M5S à faire des compromis, loin des postures maximalistes qui avaient été le principal ingrédient de sa croissance électorale. En ouverture de la dernière session, dimanche après-midi, le président du Conseil, Giuseppe Conte, s’est lancé dans un éloge du « courage de changer d’idée ». Difficile de plus s’éloigner de la rhétorique de Beppe Grillo, le grand absent des Etats généraux, qui paraît chaque jour plus loin du cœur du mouvement, tout comme le fils et héritier de Gianroberto Casaleggio, Davide, qui a boudé la manifestation.
Il vous reste 39.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
