En Moldavie, la pro-européenne Maia Sandu remporte la présidentielle et promet de lutter contre la corruption

0
81

[ad_1]

Maia Sandu, candidate de l’opposition et ancienne ministre, tient une conférence de presse, à Chisinau (Moldavie), le 15 novembre.

Ancienne république soviétique condamnée depuis son indépendance à une gestion calamiteuse, la Moldavie a peut-être pris un tournant radical, dimanche 15 novembre, en offrant à la candidate Maia Sandu une nette victoire à la présidentielle. Première femme à occuper ce poste, Mme Sandu, 48 ans, est surtout la première dont la probité personnelle fait l’objet d’un quasi-consensus.

Avec 52,75 % des voix, elle devance le président sortant, le socialiste Igor Dodon. L’affiche était la même que lors du scrutin de 2016, mais son résultat est inversé : à l’époque, le prorusse Dodon avait battu la pro-européenne Sandu. Les questions géopolitiques ont à nouveau joué un rôle important dans le scrutin, comme c’est à chaque fois le cas dans ce pays aux identités multiples, roumanophone et russophone.

La rupture est toutefois plus profonde. Ancienne économiste à la Banque mondiale et ancienne ministre de l’éducation, Maia Sandu plaide depuis des années pour des réformes institutionnelles profondes, les seules à même, selon elles, de venir à bout des innombrables maux de la Moldavie : corruption, institutions déficientes, Etat de droit défaillant, pauvreté endémique, émigration… Les précédentes équipes « pro-européennes » au pouvoir s’étaient largement accommodées de cet état de fait, en particulier sous le règne de l’oligarque Vladimir Plahotniuc, maître du pays pendant une décennie et aujourd’hui en exil.

Vers des élections parlementaires anticipées ?

Première ministre durant quelques mois, en 2019, Mme Sandu avait entamé une réforme de la justice ambitieuse avant d’être renversée lorsqu’elle avait tenté d’imposer un procureur général indépendant, une menace pour les clans oligarchiques du pays. Il lui faudra toutefois, pour espérer relancer ce programme, conquérir une majorité parlementaire lors de probables élections anticipées.

La sérénité de la transition qui se profile est en soi une autre nouvelle. Dans un pays habitué aux crises politiques à répétition, elle n’allait pas de soi. Dans les derniers jours de la campagne, Igor Dodon avait contribué à tendre les esprits en faisant de sa rivale la candidate d’une hypothétique union avec la Roumanie, du déclassement de la langue russe ou du recul des « valeurs traditionnelles ».

Surtout, la crainte de fraudes a dominé le scrutin, en particulier le transport par autocars des électeurs installés sur le territoire séparatiste de Transnistrie, une pratique assimilée à un achat de voix et qui se fait habituellement au bénéfice des socialistes. Cinquante-neuf plaintes ont été enregistrées lors du premier tour pour de tels faits, pas assez pour entacher la bonne tenue générale du vote.

Il vous reste 48.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: