une centaine de personnes noyées au large de la Libye

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Des migrants partis de Libye attendent le secours des membres de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, en mer Méditerranée, le 11 novembre.

Sur une plage à une dizaine de kilomètres de la ville de Khoms, la mer Méditerranée continuait, vendredi 13 novembre, de recracher les corps sans vie de migrants, morts noyés lors du naufrage de leur embarcation alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe.

En quarante-huit heures, ce sont vraisemblablement une centaine de migrants qui ont péri en mer, au cours de plusieurs naufrages au large de la Libye. « C’est absolument terrible, a réagi Tarik Argaz, le porte-parole du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) en Libye. On pouvait prédire que ce genre d’accidents aller arriver. »

D’après les informations du HCR, jeudi 12 novembre en début d’après-midi, au large de Khoms, à l’Est du pays, des pêcheurs locaux sont venus en aide à une embarcation qui avait chaviré. « 47 personnes ont survécu parmi environ 120 personnes qui se trouvaient à bord, précise Tarik Argaz. Ils sont originaires du Nigeria, du Ghana, du Burkina Faso et de Gambie. »

Un peu plus tard le même jour, cette fois-ci au large de Sorman, à l’est de Tripoli, ce sont trois femmes, respectivement sénégalaise, camerounaise et ghanéenne, qui ont été secourues par des pêcheurs, rescapées d’une embarcation à bord de laquelle vingt personnes auraient péri.

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La responsabilité des Etats membres de l’UE

La veille, le navire humanitaire espagnol Open Arms, qui porte secours aux migrants dans les eaux internationales au large de la Libye, était intervenu pour sauver de la noyade une centaine de migrants dont l’embarcation s’était brisée. Des vidéos diffusées par l’ONG montrent des personnes éparpillées en mer tandis que leur canot pneumatique se disloque. On y voit notamment une femme à l’agonie, qui crie : « Where is my baby ? I lose my baby » (« Où est mon bébé ? J’ai perdu mon bébé »). Joseph, son garçon de 6 mois, de nationalité guinéenne, sera finalement repêché en état d’arrêt cardiaque et mourra quelques heures plus tard.

Une autre vidéo montre un garçon de 6 ans, Bangaly, expliquer en français les conditions du naufrage. « L’eau est rentrée dans le bateau. Je suis tombé, j’ai bu beaucoup d’eau (…). Ce matin j’ai demandé à papa : “où est maman ? Il a dit : “je sais pas”. » Le corps de sa mère fait partie des cinq corps sans vie repêchés par l’ONG ce jour-là. « Voici ce qui se produit quand on abandonne des personnes en mer pendant des jours », a dénoncé Oscar Camps, le fondateur d’Open Arms, sur Twitter.

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