[Editorial] Morts pour la France, éternels oubliés

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L’entrée des cendres de Maurice Genevoix au Panthéon tombe à point nommé. Écrivain, auteur d’un chef d’œuvre de 1 000 pages, Ceux de 14, combattant, blessé le 9 novembre 1915 à la butte des Éparges, académicien, Maurice Genevoix restera avec Henri Barbusse, Le Feu et beaucoup d’autres, la voix des combattants, des braves de la Grande Guerre. Avec lui, par une nuit froide, place du Panthéon, la France à l’initiative d’Emmanuel Macron a honoré ce 11 novembre 1,4 million de jeunes hommes, moyenne d’âge 18-27 ans, morts de 1914 à 1918. Parmi eux, enfouis en terre de France, souvent déchiquetés des milliers de combattants, des soldats coloniaux, soldats indigènes, tirailleurs sénégalais, malgaches, zouaves, algériens, tunisiens, marocains… Morts pour la France, pour nous, de Verdun au Chemin des Dames en 1917, par un froid de gueux, il neigeait, à l’assaut «du plateau de Californie», sac de 30 kilos sur le dos, 7 000 Sénégalais, «la force noire» du général Mangin -un sacré boucher- se sont fait hacher menu aux côtés de leurs camarades français, de rudes paysans le plus souvent. 

Éternels oubliés de l’Histoire, à l’exception de très rares plaques et monuments disséminés ici ou là, à Reims ou Verdun, posés ou sculptés, leurs noms et prénoms, Abdoulaye, Mohamed ne sont pas gravés sur les monuments aux morts de nos villes et villages par ordre alphabétique, entre Pierre et Paul. Pas plus que l’on ne trouve aucun Mohamed ni Abdoulaye sous la voûte de l’ossuaire de Douaumont dont les pierres portent chacune le nom d’un soldat de l€…

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