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Vidéo de Philippe Madubost
Il y a trois jours, le maire de Saint-André annonçait le maintien du Dipavali sur sa commune. Ce vendredi, la municipalité fait marche arrière, l’édition 2020 de la fête des lumières n’aura pas lieu. Les raisons ? Le Covid-19, bien sûr mais Joé Bédier tacle l’Agence régionale de santé, qui pour lui, a mis trop de temps à alerter la municipalité et à lui conseiller d’annuler l’événement. « On aurait pu quand même me dire ‘stoppez tout et n’allez pas plus loin ‘» s’indigne l’édile.
Depuis le début de la crise sanitaire, la communication entre les maires et les autorités sanitaires est parfois cahotante. Au mois d’août, certains édiles sont montés au créneau, ils réclamaient que des chiffres sur la circulation du virus sur leur territoire leur soient transmis régulièrement. Une demande à laquelle à accéder l’Agence régionale de santé mais il semblerait que le système ne soit pas encore rôdé.
Preuve en est ce matin, Joé Bédier a fait part de sa rancoeur vis à vis de l’ARS. Au centre de la polémique, l’organisation du Dipavali. Il aura fallu un article du JIR pour que la directrice de l’Agence régionale de santé s’empare du dossier et fasse part de son désaccord… quasiment la veille des festivités.
Dans un mail adressé au maire de Saint-André hier en fin de matinée, Martine Ladoucette indique « au vu de la nouvelle que j’apprends à la lecture du journal (JIR page 10 édition du 1er novembre), à savoir le maintien, à votre initiative des fêtes de Dipavali, je me dois d’exprimer, en tant qu’autorité sanitaire, mon total désaccord cette idée. Je considère, en effet, au vu du contexte déjà rappelé, que votre commune ne peut se permettre l’organisation d’une telle fête : qui est une source incontestable de risque de contagiosité supplémentaire, qui envoie également un message contraire à celui que vous voulons faire passer à la population à ce moment précis ».
Il est vrai que les chiffres, – pourtant transmis à la municipalité chaque semaine, – sont inquiétants. La ville de Saint-André fait partie du top 3 des communes qui enregistrent un taux d’incidence bien au delà du seuil d’alerte qui est de 50 cas pour 100 000 habitants. Dans la commune de l’est, cet indicateur grimpe à 175 pour 100 000 habitants voire à 450 pour 100 000 habitants dans certains quartiers. Des données qui démontrent que le virus circule très activement sur le territoire.
Mais le maire de Saint-André n’en démord pas, il a été prévenu bien trop tard par l’ARS. « Je pense que dans la forme, on me manque de respect […] si c’est ça le niveau d’organisation aujourd’hui, je crains que l’on ne puisse pas vraiment gérer dans des situations compliquées ».
Après avoir fait le procès de l’ARS, Joé Bédier prend (à moitié) ses responsabilités quant à l’annulation de l’événement « j’assume cette décision seul bien que j’aurais aimé qu’on soit à mes côtés pour expliquer pourquoi cette annulation. Mais je n’ai personne autour de moi, ni l’ARS, ni l’État. Je le fais seul et j’assume parce-qu’aujourd’hui, les moyens, tous ces collaborateurs qui ont travaillé d’arrache-pied, très souvent avec les services de l’État, sont déçus, je suis moi-même triste et je m’en excuse auprès de toutes ces personnes, des forains, de la population ».
C’est donc avec un arrière-goût amer et sur fond de colère que l’édition 2020 du Dipavali est annulée à Saint-André.
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