les données mobiles renseignent sur les sources de contamination

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Fermer les restaurants, bars, hôtels, salles de spectacle, centres sportifs, boutiques et lieux de culte… pour freiner la diffusion du SARS-CoV-2. Ou les rouvrir pour limiter l’impact socio-économique. Mais lesquels, et dans quelles conditions ? Tragique dilemme, qui rend très difficiles les décisions politiques. D’où l’intérêt des différents modèles de propagation de la pandémie.

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Le dernier en date, conçu par des équipes californiennes, a été publié, mardi 10 novembre, dans la revue Nature. L’approche, innovante, se fonde sur les données massives des téléphones portables de 98 millions d’Américains – rendues anonymes –, récoltées entre le 1er mars et le 1er mai. Heure par heure, leurs mouvements ont été précisément cartographiés dans dix des plus grandes villes américaines (Chicago, New York, San Francisco…). Leurs déplacements depuis leur domicile vers différents lieux publics (restaurants, lieux de culte, magasins…) ont été ainsi retracés. Soit, au total, 5,4 milliards d’heures de mobilité analysées, vers 553 000 lieux publics et dans 57 000 quartiers.

Les auteurs ont entré ces données de géolocalisation dans un modèle mathématique assez simple, qui divise la population en quatre compartiments – susceptibles (d’être infectés), exposés, infectieux, retirés (immunisés ou morts) – et qui prédit leur évolution d’un compartiment à l’autre selon des règles de transmission précises. Ensuite, les paramètres ont été ajustés au nombre réel de nouvelles infections quotidiennes.

Restaurants particulièrement à risque

Que montre ce modèle ? Tout d’abord, il prédit qu’un petit nombre de lieux publics, tels les restaurants fonctionnant à plein régime, rendent compte de la majorité des infections. A Chicago, par exemple, 10 % des lieux publics visités expliquent 85 % des infections.

Surtout, les auteurs ont estimé les effets de différentes stratégies de réouverture. Là encore, les restaurants sont particulièrement à risque. Si la ville de Chicago avait rouvert ses restaurants à pleine capacité le 1er mai, par exemple, 600 000 infections supplémentaires auraient été à déplorer à la fin de ce mois – un risque trois fois supérieur à celui de la seconde catégorie la plus à risque : les centres de fitness.

Parmi d’autres exemples, l’étude a examiné l’impact d’une réouverture des magasins de jouets et de loisirs – une question évidemment cruciale, à l’approche de Noël. Verdict : si la ville de Chicago avait rouvert tous ces magasins-là le 1er mai, le nombre des nouvelles infections aurait été cent fois inférieur à celui dû à la réouverture de tous les restaurants. Mais durant la période qui précède Noël ? « Ces magasins de jouets et de loisirs seraient alors bien plus fréquentés, ce qui augmenterait le risque », relève Pierrick Tranouez, ingénieur de recherche au Laboratoire Litis, à l’université de Rouen, et vulgarisateur à CoVprehension.org.

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