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La pandémie du Covid-19 a révélé les faiblesses de l’Union européenne en matière de santé, les écarts qui peuvent exister de part et d’autre du continent dans ce domaine, et la difficulté des Vingt-Sept à se coordonner et à coopérer. Mercredi 11 novembre, la Commission européenne a proposé un arsenal de mesures pour tenter d’y remédier. « Nous vivons dans un monde où les maladies infectieuses peuvent émerger à tout instant, nous devons être prêts pour la prochaine pandémie », a alerté la commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides.
Puisque la santé est une compétence nationale, « la Commission cherche à installer un cadre dans lequel les Etats membres pourront s’inscrire et à apporter son aide, à ceux qui en auraient besoin », explique un diplomate. Dans ce contexte, elle propose de renforcer les moyens de ses deux agences – le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) afin qu’il puisse mieux assumer son rôle de surveillance des maladies émergentes et menaces sanitaires, et l’Agence européenne du médicament (EMA) chargée de surveiller les risques de pénuries de médicaments ou dispositifs médicaux et de faciliter les procédures d’approbation de potentiels traitements cruciaux.
« Innovations biomédicales »
L’exécutif communautaire prévoit par ailleurs la création, en 2023, d’une troisième agence, l’Autorité de réaction sanitaire d’urgence (HERA), sur le modèle de la Barda (Biomedical Advanced Research and Development Authority) américaine. Elle aura notamment pour mission de nouer des partenariats avec l’industrie pharmaceutique et les organismes de recherche. « Face aux urgences sanitaires, nous devons rapidement déployer les réponses les plus avancées, médicales ou autres, nous devons connaître les innovations biomédicales pertinentes, nous devons avoir les capacités de développer et stocker les composants essentiels », explique Stella Kyriakides.
Une telle autorité européenne aurait été bien utile en ces temps de Covid-19, qui ont vu la Commission s’atteler à la négociation de contrats avec des laboratoires afin de « construire un portefeuille diversifié de vaccins potentiels basés sur différentes technologies ». Mercredi, elle a annoncé avoir signé avec le tandem Pfizer-BioNTech, pour acheter jusqu’à 300 millions de doses de leur vaccin, après avoir conclu trois accords comparables avec AstraZeneca, Johnson & Johnson et le duo Sanofi-GSK.
Enfin, la Commission propose que l’Union puisse déclarer l’urgence sanitaire à l’échelle européenne. Dans ce cadre, Bruxelles pourra envoyer des équipes afin d’aider les gouvernements à élaborer un plan de gestion de la crise en question. Elle pourra aussi procéder à des appels d’offres afin d’acheter, rapidement, des médicaments ou équipements médicaux, et de les stocker.
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