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Les Etats-Unis ont menacé, mercredi 11 novembre, la Chine de nouvelles sanctions pour avoir, selon eux, « violé de manière flagrante » l’autonomie de Hongkong en y évinçant quatre députés pro-démocratie.
« Les actions récentes de Pékin disqualifiant les législateurs pro-démocratie du Conseil législatif de Hongkong ne laissent aucun doute sur le fait que le Parti communiste chinois (PCC) a violé de manière flagrante ses engagements internationaux », a déclaré Robert O’Brien, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump. Il a ajouté que les Etats-Unis continueraient « d’identifier et de sanctionner les responsables de l’extinction de la liberté à Hongkong ».
Le gouvernement britannique a également condamné la décision qu’il voit comme « une nouvelle attaque contre le haut degré d’autonomie et les libertés de Hongkong », a déclaré dans un communiqué le ministre britannique des affaires étrangères, Dominic Raab. Le gouvernement allemand, « profondément inquiet », a, lui, fustigé « la poursuite d’une tendance à saper le pluralisme et la liberté d’expression » dans l’ex-colonie britannique.
Démissions en solidarité
Mercredi, quatre députés pro-démocratie de Hongkong ont été démis de leur mandat après l’adoption par Pékin d’une résolution accordant aux autorités locales le pouvoir de disqualifier des élus considérés comme menaçant la sécurité nationale. Peu après, l’ensemble des députés pro-démocratie hongkongais ont annoncé leur prochaine démission, en solidarité avec leurs quatre confrères évincés.
Ces démissions sont le dernier coup porté au camp pro-démocratie qui fait l’objet d’attaques incessantes depuis que Pékin a imposé fin juin une loi sur la sécurité nationale. De nombreux militants ont depuis été arrêtés alors que d’autres ont choisi l’exil.
« Nous, [membres] du camp pro-démocratie, nous tiendrons aux côtés de nos collègues qui sont exclus. Nous démissionnerons en masse », a déclaré Wu Chi-wai, à la tête des quinze législateurs pro-démocratie demeurant au Parlement local.
Rare occasion d’exprimer leur opinion
Le Conseil législatif (LegCo, le Parlement local) compte 70 membres désignés selon un système alambiqué qui garantit presque à coup sûr une majorité au bloc pro-Pékin. Seuls 35 sont en effet élus au suffrage universel direct, offrant une rare occasion aux 7,5 millions d’habitants d’exprimer leur opinion à travers les urnes.
Les autres législateurs sont principalement désignés par des groupes socio-professionnels acquis à la Chine continentale. La démission des pro-démocratie laissera presque entièrement le LegCo aux mains de députés alignés sur Pékin.
« Si le respect des procédures, la protection des systèmes et des fonctions et la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme entraînaient une exclusion, ce serait un honneur pour moi », a déclaré mercredi à la presse Dennis Kwok, l’un des quatre députés exclus. De son côté, la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a soutenu que ces exclusions sont « constitutionnelles, légales, raisonnables et nécessaires ».
Les quatre élus exclus faisaient partie des 12 candidatures aux législatives hongkongaises invalidées fin juillet. Ces élections, qui devaient se dérouler le 6 septembre, avaient finalement été reportées d’un an pour cause de coronavirus.
Des mois de contestation
Pékin a imposé fin juin cette loi sur la sécurité nationale, décrite par les dirigeants chinois comme « une épée » suspendue au-dessus de la tête de ses détracteurs. Cette législation, destinée à mettre fin à des mois de manifestations monstres et souvent violentes qui ont secoué le territoire l’an passé, a contribué à renforcer considérablement l’emprise du pouvoir central chinois sur Hongkong. Nombre de militants pour la démocratie dénoncent un texte liberticide.
L’impossibilité pour les Hongkongais d’élire leurs dirigeants ainsi que l’ensemble de leurs députés était au centre de leur mouvement de contestation. Plus de 10 000 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations et les tribunaux croulent sous le nombre d’affaires à juger, la plupart concernant des députés de l’opposition ainsi que des figures du mouvement pro-démocratie.
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