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L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a demandé aux autorités iraniennes des éclaircissements, jugeant « non crédibles techniquement » les informations que celles-ci lui avaient fournies sur un site suspect, selon un rapport consulté par l’Agence France-Presse (AFP), mercredi 11 novembre.
Téhéran continue par ailleurs à accumuler de l’uranium : la quantité d’uranium faiblement enrichi dépasse désormais de 12 fois la limite autorisée, d’après ce document, qui doit être examiné la semaine prochaine, lors du Conseil des gouverneurs.
Elle atteignait, à la date du 2 novembre, 2 442,9 kilos pour une limite autorisée à 202,8 kilos (ou 300 kilos équivalent UF6). Dans le précédent rapport, remontant à septembre, ce stock était de 2 105,4 kilos.
L’Iran poursuit donc sa trajectoire de production d’uranium, en riposte au retrait des Etats-Unis de l’accord signé en 2015 à Vienne et au rétablissement par l’administration Trump des sanctions qui ont plongé le pays dans une violente récession.
Un troisième site pose question
Pour le président iranien, Hassan Rohani, l’élection du démocrate Joe Biden offre aux Etats-Unis la possibilité « de se rattraper » pour leurs « erreurs passées » vis-à-vis de l’Iran. « Notre but est de briser la pression des sanctions qui accable notre peuple, a-t-il fait valoir, mercredi. Chaque fois qu’une occasion favorable se présente, nous agirons de manière responsable. »
En cas de levée des sanctions, et à ces conditions seulement, l’Iran a promis de revenir au respect de ses engagements pris dans le cadre de l’accord de 2015.
Après plusieurs mois de bras de fer, Téhéran avait fait montre de coopération en autorisant, en septembre, les inspecteurs de l’AIEA à accéder à deux sites soupçonnés d’avoir abrité dans le passé des activités nucléaires non déclarées.
Les résultats d’analyses ne sont pas encore disponibles. Mais un troisième site pose question, et c’est celui-là qu’a pointé l’AIEA dans son rapport.
L’agence onusienne réclame « des explications complètes et rapides de l’Iran concernant la présence de particules d’uranium anthropogénique », résultant d’activités humaines, sur un site non déclaré. Sa localisation n’a jamais été précisée officiellement, mais des sources diplomatiques ont fait savoir à l’AFP qu’il s’agissait d’un entrepôt du district de Turquzabad, dans la capitale, dénoncé par le gouvernement israélien.
Le directeur général de l’agence onusienne, Rafael Grossi, avait déjà fait part en mars de son inquiétude à ce sujet. « Le fait qu’on ait retrouvé des traces est très important, ça veut dire qu’il y a la possibilité d’activités et de matériel nucléaires qui ne seraient pas sous contrôle international et dont on ne connaîtrait ni l’origine, ni le destin », avait-il alors estimé.
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