A Hongkong, un parlement fantoche, après la démission de tous les députés prodémocratie

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Des législateurs du camp pro-démocratiques, dont Wu Chi-Wai, Claudia Mo et Lam Cheuk-ting, ont annoncé leur démission du Conseil législatif après qu’Alvin Yeung Ngok-kiu, Kwok Ka-ki, Kenneth Leung et Dennis Kwok ont été disqualifiés le 11 novembre.

Quelques heures après la disqualification par Pékin de quatre députés d’opposition, mercredi 11 novembre en début d’après-midi, les quinze derniers députés du camp prodémocratie de Hongkong ont annoncé leur intention de démissionner en bloc, par solidarité avec leurs collègues sanctionnés. Hongkong devrait donc se retrouver avec un Parlement fantoche, un scénario que même certaines voix modérées du camp pro-Pékin auraient préféré éviter. Alors que cette éventualité se dessinait, mardi, Felix Chung, chef de file du Parti libéral (pro-Pékin), avait affirmé qu’il ne serait « pas sain » pour la gouvernance de Hongkong de ne plus avoir d’opposition au Parlement.

La nouvelle « interprétation » adoptée mercredi par le Parlement chinois permet désormais au gouvernement de Hongkong d’exclure « tout élu mettant en danger la sécurité nationale, prônant l’indépendance de la région administrative spéciale ou cherchant une ingérence étrangère », selon les termes de l’agence de presse officielle, Chine nouvelle. Concrètement, cette décision crée un nouveau cadre légal pour les prochaines élections législatives. Ces nouvelles conditions vont permettre au gouvernement de trier de manière beaucoup plus radicale les futurs candidats députés.

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Si les législatives avaient eu lieu comme prévu en septembre, l’opposition semblait bien placée pour remporter la majorité des sièges, et ce malgré un système électoral mécaniquement favorable au camp pro-Pékin. La crise sanitaire, très bien contrôlée, semble donc avoir surtout servi d’excuse pour laisser le temps aux autorités centrales de trouver et de mettre en place de nouveaux mécanismes qui permettraient de garantir à nouveau la victoire du camp pro-Pékin dans la majorité des sièges.

Loi draconienne de sécurité nationale

A force de disqualifications et d’invalidations, qui eurent lieu sous diverses formes depuis les élections de septembre 2016, l’opposition n’occupait déjà plus que 19 des 70 sièges du Conseil législatif (LegCo), le Parlement local de Hongkong, sur les 24 acquis en début de mandat. Les quatre députés disqualifiés mercredi (parmi lesquels Alvin Yeung Ngok-kiu, Kwok Ka-ki et Dennis Kwok, membres du Civic Party, un parti d’avocats, ainsi que Kenneth Leung, conseiller fiscal et élu de la filière professionnelle des comptables) étaient depuis plusieurs mois dans le collimateur de Pékin en raison de leurs tactiques d’obstruction parlementaire, qui avaient notamment servi à retarder au maximum l’adoption d’une loi sur le respect du drapeau et de l’hymne national chinois, au printemps.

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