« La création d’un parquet antiterroriste européen est une priorité »

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Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio, à Rome, le 6 août.

Luigi Di Maio est le ministre italien des affaires étrangères, dans le gouvernement dirigé par Giuseppe Conte, sur la base d’une coalition entre le Mouvement cinq Etoiles (antisystème), dont il a été le chef, et le parti Démocrate (centre gauche).

La France et l’Autriche ont subi plusieurs attaques djihadistes ces dernières semaines. Comment l’Europe peut-elle répondre à ce défi ?

Je voudrais avant tout exprimer ma pleine solidarité à la France et à l’Autriche. Le terrorisme constitue une menace concrète, et horrible, pour notre sécurité, nos valeurs et notre liberté. Les peuples européens doivent être toujours plus unis pour affronter le terrorisme. Pour des raisons de valeurs, d’affinités et d’intégration entre les peuples, bien sûr, mais aussi en raison d’un état de fait objectif : les distances n’existent plus, nous vivons dans un espace commun vulnérable, où l’attaque d’un pays nous touche tous. Pour cela, il nous faut un meilleur échange d’informations, mieux faire fonctionner les banques de données européennes, se doter d’un système européen de prévention des attaques, et approfondir les collaborations entre les Etats les plus à risque.

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C’est à ce genre de mesures que je me réfère quand je parle d’un « patriot act » européen, ou d’un « European act », si l’on veut utiliser l’expression du ministre de l’intérieur français, Gérald Darmanin. Ce n’est pas le nom qui est important ; ce qui compte c’est de prendre vite des initiatives concrètes. Je pense plus précisément à l’institution d’un Parquet antiterroriste européen, qui, pour moi, est une priorité.

La réponse française à la menace terroriste a créé un large mouvement de colère dans le monde musulman, et conduit à une escalade verbale très forte entre Paris et Ankara. L’Italie soutient-elle la France dans cette affaire ?

L’Italie a exprimé sa pleine solidarité à la France, et je répète que les attaques personnelles du président Erdogan envers Emmanuel Macron sont inacceptables. Je voudrais être très clair : nous attendons de tous la condamnation la plus ferme possible du terrorisme, et nous ne reculerons pas d’un millimètre sur des principes essentiels comme la liberté d’expression et la liberté de culte. C’est un phénomène complexe. Le terrorisme et l’extrémisme violent ne pourront être vaincus que grâce à une approche qui concilie les aspects sécuritaires et la nécessité de prendre en compte les causes profondes de la radicalisation. Lorsque nous combattons les dérives extrémistes, nous devons rester fermes sur nos valeurs, parce que nos démocraties sont plus fortes que la menace terroriste.

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