Face aux Etats-Unis de Joe Biden, l’Europe entre volonté de faire bloc et divergences en puissance

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La chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin, le 9 novembre, avant une déclaration sur les résultats des élections américaines.

Mardi 3 novembre, alors que les Américains choisissaient leur président, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’Union européenne (UE) se sont mis d’accord : les Européens réagiraient à cette élection à haut risque ensemble, d’une seule voix. C’était un message important à adresser à Washington, après quatre années de ce qui a été vécu par beaucoup, de ce côté-ci de l’Atlantique, comme un désastre existentiel. Trump ou Biden, le futur président des Etats-Unis aurait affaire à une Europe qui a mûri.

Cela a marché, à l’européenne : avec quelques couacs. Le premier ministre slovène Janez Jansa, un populiste, a été le premier à féliciter… Donald Trump, prenant ses rêves pour des réalités. Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, n’a pu retenir son enthousiasme à l’idée de voir un lointain compatriote de nouveau à la Maison Blanche et s’est réjoui sur Twitter avant les autres, samedi 7 novembre. Mais les poids lourds de l’UE – les dirigeants des institutions européennes et des pays membres fondateurs, et beaucoup d’autres – ont diffusé leurs messages de félicitations à Joe Biden à la même heure, autour de 19 heures. En faisant bloc à un moment aussi critique pour la démocratie américaine, les Européens ont pesé dans la légitimation de la victoire du candidat démocrate, que Donald Trump se refusait à reconnaître.

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Cette belle unité, pour autant, ne masque pas totalement les divergences au sein de l’UE autour de la question cruciale que pose ce jour nouveau : plus amicale, la présidence Biden va-t-elle affaiblir ou encourager la dynamique d’intégration européenne ? La conjugaison de l’hostilité de Trump, du Brexit, de la montée des ambitions chinoises et de la pandémie de Covid-19, qui a provoqué un sursaut unitaire sur l’effort de relance économique, a exercé une force centripète sur l’Europe ; l’effet en sera-t-il atténué par une Maison Blanche plus bienveillante ?

Rattraper le temps perdu

C’est ce que craignent les partisans d’une intégration européenne plus poussée, notamment en matière de défense et de sécurité, au premier rang desquels on trouve la France et son président, Emmanuel Macron, héraut de la souveraineté européenne et de l’autonomie stratégique. « La question est essentiellement allemande », résume Clément Beaune, le secrétaire aux affaires européennes, interrogé par Le Monde. Car à Berlin, on n’a pas attendu l’annonce de la victoire de Joe Biden pour spéculer, non sans fébrilité, sur ce jour nouveau.

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