les Arméniens de Géorgie mobilisés pour aider leurs « frères » du Haut-Karabakh

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Des portraits d’Arméniens morts dans le conflit au Haut-Karabakh sont exposés dans leur ville natale d’Akhalkalaki, en Géorgie.

Les portraits, cerclés d’un cadre doré et frappés du drapeau arménien, s’alignent le long du mur de l’église. Les dix-huit hommes posent en treillis, col relevé ou chapka sur la tête, un demi-sourire aux lèvres. Tous ont trouvé la mort ces dernières semaines à quelques kilomètres, dans la guerre au Haut-Karabakh, une enclave séparatiste en Azerbaïdjan, peuplée en majorité d’Arméniens. Tous venaient d’ici, de l’autre côté de la frontière, à Akhalkalaki, une ville de Samtskhé-Djavakhetie. Cette région pauvre de Géorgie, perchée sur un plateau à 2 000 mètres d’altitude traversé de lacs et de steppes, est peuplée à 90 % par la minorité arménienne du pays.

Le dernier corps a été rapatrié fin octobre. Ces hommes morts au front avaient beau vivre en Arménie depuis bien longtemps, parfois des décennies, ils font aujourd’hui figure de héros dans leur région natale. « Ils ont fait leur devoir en défendant notre patrie, assure Set Murayan, un étudiant de 23 ans, en regardant les photos. Montrer leur portrait est une façon d’honorer leur mémoire. »

La neutralité de la Géorgie, son gage de survie

Depuis le réveil brutal, en septembre, de ce conflit vieux de trente ans, les habitants de la région vivent au rythme des informations provenant de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan voisins. Les dernières nouvelles annoncent un accord de cessez-le-feu entre les deux pays, entré en vigueur lundi 10 novembre, et qui consacre des gains de territoires importants de Bakou après six semaines de combats meurtriers.

« J’ai l’impression qu’avec cet accord on nous a marchandés, enrage Kristina Marabyan, journaliste d’origine arménienne à Jnews, une gazette locale installée à Akhalkalaki. Je suis triste que personne n’essaye d’aider l’Arménie, et en colère de voir que la Russie joue avec mon pays historique. »

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Le conflit au Haut-Karabakh est un dossier particulièrement délicat pour la Géorgie, où vivent d’importantes minorités arménienne et azérie – respectivement 240 000 et 270 000 personnes. Si les deux communautés cohabitent en paix dans le pays, parfois dans les mêmes villages, des observateurs redoutent toutefois une importation du conflit. Un tel scénario serait extrêmement dangereux pour ce petit pays du Caucase coincé entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie et leurs alliés respectifs, la Turquie et la Russie.

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Conscientes de la menace, les autorités géorgiennes revendiquent une totale neutralité et ont interdit, dès le début des hostilités, le transit de cargaisons militaires sur son territoire en direction de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, que ce soit par voie aérienne ou terrestre. Un gage de survie tant la situation est volatile. Après l’accord de cessez-le-feu, Tbilissi s’est ainsi borné à dire qu’il « soutenait le dialogue entre les deux parties », et qu’il espérait que cela « allait apporter une résolution à grande échelle du conflit ».

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