au Danemark, imbroglio juridique autour de l’abattage généralisé

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Un camion décharge des visons morts dans un fossé dans une zone militaire près de Holstebro (Danemark), le 9 novembre 2020.

Au Danemark, l’abattage des visons, y compris ceux en bonne santé, est-il obligatoire… ou non ? Le ministre danois de l’agriculture a reconnu, mardi 10 novembre, que la campagne d’abattage généralisé visant à combattre une mutation problématique du coronavirus n’était pas légalement fondée. « Nous avons commis une erreur, a déclaré Mogens Jensen à la chaîne de télévision TV2. Il n’y a pas de fondement légal de demander aux éleveurs de visons d’abattre leurs bêtes en dehors des zones », où des animaux ont été contaminés.

Depuis l’annonce gouvernementale le 4 novembre, 2,4 millions d’animaux ont été abattus dans le royaume scandinave, premier exportateur mondial de visons. Mais certains éleveurs refusent encore d’abattre des bêtes en bonne santé.

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Lors de la séance de questions au gouvernement, la première ministre, Mette Frederiksen, a également présenté ses excuses mardi. « Même si on est pressés (…), il faut être clair sur ce qui nécessite une nouvelle loi, cela n’a pas été le cas », a-t-elle déclaré devant les députés. Le gouvernement appelle, toutefois, les éleveurs à continuer l’abattage comme prévu, par précaution sanitaire.

Restrictions drastiques

La semaine dernière, le Danemark avait ordonné l’élimination de tous ses visons – soit entre 15 et 17 millions de têtes –, à la suite de la découverte d’une mutation du nouveau coronavirus transmissible à l’homme chez ces mammifères, qui pourrait compromettre l’efficacité d’un futur vaccin humain.

Le virus mutant, appelé « Cluster 5 », a été décelé chez douze personnes, toutes dans le Jutland du Nord, une région du nord-ouest du pays. Des restrictions drastiques ont été imposées, jeudi, pour un mois dans les sept communes, où le plus de cas dans les élevages ont été déclarés.

« Je pense que c’est nécessaire. Nous parlons d’un virus mutant qui a commencé dans le Jutland du Nord et nous allons nous en débarrasser dans le Jutland du Nord », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Birgit Hansen, maire de la commune de Frederikshavn. « J’encourage toujours les éleveurs de visons à coopérer (…), car il s’agit maintenant d’aider la santé publique de la meilleure façon possible », a également affirmé le ministre Mogens Jensen.

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« C’est malin de la part du gouvernement de dire qu’ils ne nous obligent pas mais qu’ils voudraient qu’on le fasse, en nous parlant comme ça, comment on va nous indemniser ? », s’interroge Erik Wammen, un éleveur du Jutland de 62 ans. Pour l’instant, l’agriculteur prévoit de faire « comme d’habitude ». Traditionnellement, son cheptel est abattu au 1er décembre, mais sur 30 000 bêtes, il en garde un sixième à des fins de reproduction.

Aucun nouveau cas humain de « Cluster 5 » n’a été enregistré ces derniers jours, et les douze cas remontent à septembre et ne sont plus actifs, laissant l’espoir d’une disparition de la souche en question.

La loi, qui devait permettre l’abattage des visons en bonne santé, devait être traitée mardi en procédure d’urgence. Mais le Parlement y a renoncé face à la réticence de l’opposition et d’une partie des soutiens du gouvernement minoritaire social-démocrate. Le projet de loi va donc être traité en trois lectures, comme un texte habituel.

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Le Monde avec AFP

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