les limites d’une diplomatie à usage interne

0
82

[ad_1]

Analyse. Clausewitz disait que « la guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens ». La diplomatie, dont le but premier est d’éviter la guerre, est en train de devenir la continuation de la politique sur un autre théâtre. Jamais, sous la Ve République, la diplomatie d’un président et son agenda intérieur n’ont été aussi intriqués que depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Celui-ci n’est pas le premier à utiliser la scène diplomatique et les relations extérieures à des fins de politique intérieure. Du général de Gaulle, qui ne s’est pas privé d’exploiter sa stature internationale pour rehausser son prestige national, à Nicolas Sarkozy, qui a souvent pris le contre-pied de Jacques Chirac – notamment en normalisant les relations avec la Syrie de Bachar Al-Assad en 2008 – pour marquer une rupture et un changement d’ère.

Effacer le clivage droite-gauche

A une époque où les réseaux sociaux et Internet ont aboli les frontières, cette interpénétration entre politique intérieure et extérieure relève de l’évidence. Mais, dans le cas du président français, on ne peut se satisfaire de cette généralité. Rarement la diplomatie aura été autant pensée et mise en scène en fonction d’impératifs de politique intérieure que depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. En s’exprimant sur la scène mondiale, il s’adresse aussi et surtout aux Français. Et en retour, lorsqu’il parle aux Français, l’opinion mondiale peut se sentir concernée, comme on l’a vu lors de la vague de protestation contre la France au sein d’une partie du monde musulman.

En s’exprimant sur la scène mondiale, Emmanuel Macron s’adresse aussi et surtout aux Français

Cette particularité de la diplomatie macronienne tient aux conditions mêmes de son élection contre Marine Le Pen, dans un contexte marqué par le Brexit et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. Il n’a cessé, depuis, de prolonger et d’amplifier cet affrontement entre progressistes et nationalistes, qui lui permet d’effacer le clivage traditionnel entre droite et gauche, à l’origine de son succès initial. Depuis son discours de la Sorbonne de 2017 sur la relance de l’Europe jusqu’à la campagne pour les élections européennes de 2019, le président n’a cessé de marteler : c’est moi (et éventuellement Merkel) ou Orban-Salvini, comme si aucune autre option n’existait.

Occuper le terrain

Parallèlement à cette stratégie qui porte le danger d’ériger l’extrême droite en seule et unique alternative et de lier l’existence même de l’UE à son sort politique, Emmanuel Macron n’a eu de cesse d’aller sur le terrain de son adversaire populiste, pour mieux le paralyser. En cherchant, au début de son mandat, à nouer une relation privilégiée avec Donald Trump alors que tout les opposait. Cette stratégie a tourné court puisque le président américain a quitté l’accord de Paris sur le climat puis celui sur le programme nucléaire iranien, malgré les efforts de Paris.

Il vous reste 51.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: