[Faits Divers] Maïdo : La météo se dégrade, le bilan s’alourdit

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INCENDIE. Les jours se suivent et se ressemblent… Les sapeurs-pompiers sont une fois encore sur le qui-vive pour tenter de canaliser les flammes. Après une nuit sur le front les soldats du feu n’ont cessé de redoubler d’efforts. Malgré cela, le bilan s’élève à la fin de journée à 80 hectares de détruits.

Ce qu’ils redoutaient arriva… Les conditions météorologiques se sont dégradées au cours de la journée de dimanche. “Plus de vent, moins de visibilité”, explique le colonel Boucheron. Ils redoutaient tout d’abord la nuit, mais les dégâts au petit matin n’étaient pas si impressionnants. Il y ait eu plusieurs reprises de feu, mais des équipes sont intervenues toute la nuit pour qu’il n’y a pas d’extension de l’incendie. Le Dash a commencé ses largages de retardant dès 5h30 pour poursuivre les efforts menés depuis la nuit de vendredi à samedi.

Aux alentours de 10 heures le feu semblait stable, avec 10 hectares de plus de détruits, soit 50 au total. C’est en fin de matinée que tout a basculé, que la tendance s’est inversée. Alors qu’il s’agissait de la zone la plus virulente samedi, le secteur Sud a pu être fixé, “même si quelques retours de feu perdurent”, ajoute le colonel. Et c’est finalement le flan au Nord du Maïdo qui a été victime de la dégradation de la météo. Le vent s’est levé et a engendré des fronts de flammes. Le foyer actif dans le rempart, alors inaccessible, est remonté au niveau du sentier de Roche Plate.

“La situation est tendue”, n’a cessé de répéter le colonel Boucheron, assez inquiet. De nombreux nuages se sont également développés sur zone. Un temps couvert qui empêche le Dash de poursuivre ses largages. Le bombardier en a tout de même réalisé 13, avant de ne plus pouvoir. “Les hélicoptères, quant à eux, font ce qu’ils peuvent”, raconte le colonel. Ils n’ont pas cessé leur balai et se sont rendus sur les zones où le brouillard était moins important.

 

 

80 hectares in extremis

 

Bien que les dégâts ne soient pas encore au niveau des incendies d’il y a 10 ans, la situation commençait à être hors de contrôle en début d’après-midi. Le vent continuait de pousser vers l’Ouest, malheureusement sans emporter les nuages sur son passage. Les départs de flammes n’ont cessés de se multiplier. “Avec la météo changeante et cette période de sécheresse dans laquelle nous sommes actuellement, les foyers se déclenchent a une vitesse incontrôlable”, explique le colonel Boucheron.

Le risque que le feu saute la route forestière est bel et bien présent. “Nous avons mis tous les moyens nécessaires pour éviter que cela n’arrive, mais ce n’était pas gagné”, confie le colonel, pas vraiment serein. Entre deux coups de vent, entre deux nuages, les sapeurs-pompiers profitaient de la moindre accalmie pour tenter de vaincre les flammes. Les soldats du feu ont finalement réussi à contenir les flammes et à maintenir, in extremis, une superficie de 80 hectares.

Concernant les caméras thermiques, ils n’ont malheureusement pas pu encore explorer finement à cause de l’activité très active en surface. Il faudra attendre que les départs de flammes soient moins fréquents et intenses pour que les soldats du feu puissent étudier de plus près les éventuelles propagations souterraines. Depuis hier après-midi, des camions citerne privés font également des rotations pour alimenter les engins des sapeurs-pompiers. “Il n’y a déjà plus d’eau au niveau de la luge du Maïdo”, souligne le colonel.

C’est un travail de longue haleine qui ne fait que commencer. Après une journée très intense hier, les efforts se poursuivent. Les sapeurs-pompiers, qui étaient 93 au total en fin de journée, redoutaient énormément cette nuit car les prévisions annonçaient des rafales de vent à plus de 50 km/h. “ça sera quitte ou double”, confesse le colonel Boucheron. D’autant que ces mauvaises conditions météorologiques devraient perdurer aujourd’hui encore…

 

Charline Bakowski 

 

 


Peinés, les élus réagissent

 

La maire de Saint-Paul s’est rendue sur place hier matin, “avec une grande tristesse, presque de l’effroi”. Huguette Bello rappelle qu’il y a “100 espèces” qui nichent dans cette zone, et sont ainsi extrêmement menacées. “Ca nous brise le cœur qu’il y ait ces incendies criminels à répétition, (…) il faut qu’il y ait une grande répression”. Les Mafatais en subissent notamment les conséquences, dont le réseau a totalement été détruit. Elle salue le courage des sapeurs-pompiers, que la mairie fait en sorte de prendre soin.

C’est “un vrai spectacle de désolation”, déclare le président du Département, qui a également tenu à exprimer ses réactions. Cyrille Melchior évoque à son tour un “vrai désastre écologique”. “C’est une partie du patrimoine réunionnais qui est la proie des flammes. Un des plus beaux sites de l’île et un réservoir de biodiversité de grande richesse”, déclare-t-il. Bien que les tracés forestiers réalisés suite au dernier gros incendie, les interventions des secours sont facilitées, le président du Département appelle à la responsabilité de tous en cette période de sécheresse.

 

CB

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