Après la victoire de Biden, le Royaume-Uni craint l’isolement

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Une petite heure : c’est le temps que Downing Street a mis, samedi 7 novembre, pour publier son message de félicitations au président élu Joe Biden et à sa vice-présidente Kamala Harris. « Les Etats-Unis sont notre plus important allié et j’ai hâte que nous travaillions ensemble à nos priorités communes, du changement climatique au commerce et à la sécurité », a salué le conservateur Boris Johnson.

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Nicola Sturgeon, la première ministre écossaise, Micheal Martin, le dirigeant irlandais et Justin Trudeau, le premier ministre canadien ont certes réagi plus vite. Mais Boris Johnson a été plus rapide que les autres européens − Angela Merkel, Emmanuel Macron, les présidents du Conseil et de la Commission. Et dès dimanche 8 novembre, il insistait, affirmant à l’agence Associated Press, à propos du démocrate américain, qu’il y avait « bien plus de choses qui nous unissent que de choses qui nous divisent ».

« Pas de relation spéciale »

Cet empressement traduit une certaine fébrilité à la tête du gouvernement britannique. Car Boris Johnson, le « meilleur ami » de Donald Trump, se retrouve dans une position embarrassante, d’isolement inédit au sein des pays occidentaux. Joe Biden « est un des rares leaders que je n’ai pas injurié » aurait-il plaisanté lors d’une réunion à Downing Street vendredi 6 novembre, selon le Sunday Times. La boutade n’a pas dû faire rire autour de lui : M. Johnson, qui pariait encore il y a quelques semaines sur la réélection de Donald Trump, n’a jamais rencontré Joe Biden et ses équipes se démènent désormais pour créer des liens avec les démocrates de l’autre côté de l’Atlantique.

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Or, la tâche pourrait s’avérer délicate : Joe Biden et son entourage − dont beaucoup d’anciens conseillers de Barack Obama −, considèrent le dirigeant britannique comme un mini-Trump et le Brexit comme une erreur historique. Joe Biden n’a t-il pas lui-même qualifié le Britannique de « clone physique et émotionnel » de son prédécesseur ? L’ex-vice président de Barack Obama n’a pas oublié la remarque lâchée par Boris Johnson, dans les colonnes du Sun, en 2016, qui avait pointé l’« héritage à moitié kenyan » de M. Obama censé expliquer son supposé « sentiment anti-britannique ». « Nous n’oublierons jamais vos commentaires racistes sur Obama et votre dévotion servile à l’égard de Trump », a tweeté samedi Tommy Vietor, un ancien porte-parole d’Obama.

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