« Le pape dit “oui” mais on reste des passagers clandestins au sein de l’Eglise »

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Le pape François, au Vatican, le 28 octobre.

Pour un pape, c’est une première. Dans le documentaire Francesco, réalisé par Evgeny Afineevsky et présenté mercredi 21 octobre au Festival international du film de Rome, le chef argentin de l’Eglise catholique se dit, à titre personnel, favorable à « une loi d’union civile » pour les personnes homosexuelles, afin que les conjoints puissent bénéficier d’une protection juridique. Dans des extraits d’une interview, le pape François déclare :

« Les personnes homosexuelles ont droit à être dans une famille, ce sont des enfants de Dieu, elles ont droit à une famille. On ne peut évincer personne d’une famille, ni lui rendre la vie impossible à cause de cela. Ce que nous devons faire, c’est une loi d’union civile, elles ont le droit d’être légalement protégées. J’ai défendu cela. »

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« Je crois qu’une grande majorité des croyants n’est pas prête à accepter ces changements », dit Grégoire, étudiant

Interrogés par Le Monde, plusieurs gays et lesbiennes catholiques considèrent la déclaration du souverain pontife comme « un soulagement », « un message d’espoir », ou « une petite victoire ». C’est le cas de Grégoire, étudiant à Paris, pour qui les propos de François n’ont « rien d’anecdotique » : « Je crois qu’une grande majorité des croyants n’est pas prête à accepter ces changements. Mais qu’un pape reconnaisse le fait que je puisse vivre avec quelqu’un que j’aime, quel que soit son sexe, me donne beaucoup de force pour avancer », explique le jeune homme de 23 ans, qui ressent pour la première fois « une certaine envie » de faire son coming out et de ne plus cacher son homosexualité à sa famille.

Ce n’est pas la première fois que Jorge Mario Bergoglio (le nom civil du pape François), fait un pas vers la communauté LGBT depuis son élection, en mars 2013. En juillet de la même année, dans l’avion le ramenant des Journées mondiales de la jeunesse au Brésil, il avait heurté les plus conservateurs en déclarant : « Le problème n’est pas d’avoir une tendance homosexuelle, le problème, c’est de faire du lobbying. Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » Pour les uns, ce n’est qu’une variante du Sermon sur la montagne de Jésus-Christ, rapporté dans l’Evangile selon Matthieu : « Ne jugez pas afin de n’être pas jugés » ; pour les autres, c’est le signe d’un pape « gay friendly ».

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