Twitter, Facebook et YouTube prennent des mesures contre Steve Bannon, après des propos violents

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Twitter a banni de son réseau, dans la nuit de jeudi 5 à vendredi 6 novembre, Steve Bannon, l’ancien stratège de Donald Trump et figure très influente de la « Trumposphère ». Cette suppression de compte a été décidée en raison d’un appel à la violence : lors d’une émission diffusée en direct sur YouTube et Facebook et postée en partie sur Twitter, Steve Bannon a appelé à la décapitation de Christopher Wray, le directeur du FBI, et du médecin Anthony Fauci, qui coordonne la lutte contre la pandémie à la Maison Blanche. Le tout sur fond de déclarations complotistes sur le décompte des voix de la présidentielle américaine.

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Sa déclaration est survenue alors que Steve Bannon envisageait ce que Donald Trump pourrait faire en cas d’un second mandat. « Je mettrais leurs têtes sur des pics. Ouais. Je les mettrais aux deux coins de la Maison Blanche en guise d’avertissements pour les bureaucrates fédéraux », a déclaré Steve Bannon. Relancé par son coprésentateur concernant les pendaisons ayant eu lieu pendant la révolution américaine (ayant débouché sur l’indépendance des Etats-Unis), Steve Bannon a renchéri :

« C’est comme ça qu’on gagne une révolution. Personne ne veut en parler. La révolution n’était pas un genre de garden-party. C’était une guerre civile. C’était une guerre civile [sic]. »

Avant d’être suspendu à son tour, le compte Twitter de l’émission dans laquelle Steve Bannon a tenu les propos incriminés a attaqué Jack Dorsey, le patron du réseau social. « C’est un lâche et un faible dont les portes auraient dû être défoncées par les US Marshals pour ingérence électorale » a-t-on ainsi pu lire.

La vidéo de cette émission était aussi diffusée en direct sur Facebook. Elle est demeurée en ligne pendant dix heures, le temps d’être visionnée près de 200 000 fois, relève la chaîne américaine CNN, avant que Facebook ne décide de la supprimer. Mais contrairement à Twitter, Facebook n’a pas supprimé le compte de Steve Bannon, qui demeure accessible ce vendredi 6 novembre, et attire encore énormément de commentaires, de partages et de « J’aime ». YouTube a fait disparaître la vidéo en question, où elle avait également été postée, tout en laissant tel quel le compte utilisé pour la diffusion, au nom de son émission, suivi par 205 000 abonnés.

Un contexte de plus en plus inflammable

Les principaux réseaux sociaux américains ont donc pris les propos de Steve Bannon au pied de la lettre et n’ont pas considéré qu’ils pouvaient relever de l’exagération. Ces décisions interviennent de fait dans un contexte d’augmentation nette de la violence sur les réseaux sociaux, et des craintes que ces messages se traduisent par des violences réelles.

Depuis quelques jours, Donald Trump, ses relais républicains et des centaines de milliers d’internautes crient, sans la moindre preuve, à une élection « volée ». L’avance de Donald Trump constatée dans la plupart des Etats-clés le jour de l’élection a fondu comme neige au soleil à mesure qu’étaient dépouillés les bulletins de vote par correspondance, traditionnellement plus démocrates et très nombreux cette année en raison de la pandémie.

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Selon le site d’information Buzzfeed, l’indicateur mis en place par Facebook pour mesurer le risque de violence réelle lié aux messages postés sur sa plate-forme a ainsi nettement augmenté ces derniers jours. Le fils de Donald Trump a lui appelé, sur Twitter, son père à « aller à la guerre totale » pour exposer une prétendue « fraude ». Deux hommes ont été arrêtés à proximité d’un lieu de décompte des voix en Géorgie, l’un des Etats cruciaux pour le résultat final. L’un d’eux conduisait, selon des journalistes sur place, un véhicule tout-terrain arborant le symbole de la théorie complotiste QAnon.

La veille, Facebook a supprimé un groupe dénonçant une fraude électorale imaginaire qui avait amassé en quelques heures près de 300 000 membres, lesquels y postaient de plus en plus de messages violents. Et ce alors que de nombreuses manifestations prévoyant de contester le décompte des voix sont prévues dans tout le pays.



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