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« Twitter est hors de contrôle. » Dans un Tweet envoyé au milieu de la nuit du 5 au 6 novembre aux Etats-Unis, Donald Trump s’en est, une nouvelle fois, pris au réseau social qu’il utilise quotidiennement, mais qu’il accuse sans preuves depuis plusieurs années de parti pris prodémocrate. Ceci alors que Twitter a affiché, depuis le scrutin présidentiel du 3 novembre, des avertissements sur 38 % des messages publiés par le président sortant, selon un décompte du New York Times.
Au cours des dernières vingt-quatre heures, alors que Donald Trump et ses soutiens ont multiplié les accusations non prouvées de fraudes qui seraient survenues pendant l’élection, et tandis que Joe Biden fait la course en tête dans les décomptes, les principaux réseaux sociaux ont renforcé leurs mesures contre la désinformation, après deux premières journées chaotiques.
Un changement assez net a notamment été observé du côté de Facebook. Le réseau social le plus utilisé des Etats-Unis a fermé, dans la soirée de jeudi (heure de Paris), un très important groupe Facebook qui avait rassemblé plus de 300 000 membres en vingt-quatre heures et diffusait de très nombreuses allégations de fraude sans fondement. Le réseau social a aussi coupé une vidéo en direct de Steve Bannon, directeur de campagne de Donald Trump en 2016 et ancien directeur du site d’extrême droite Breitbart News, dans laquelle il appelait à mettre la tête du directeur du FBI au bout d’une pique.
Les appels à la violence en forte hausse sur Facebook
Le réseau social créé par Mark Zuckerberg doit également mettre en place de nouvelles procédures pour limiter la diffusion de contenus viraux, affirme le New York Times dans un article publié le 5 novembre. Ces limitations pourraient prendre la forme de « frictions », comme l’ajout d’étapes ou de messages d’avertissement dans l’interface de Facebook, avant de pouvoir partager un message. L’entreprise affirme également qu’elle va limiter la visibilité des contenus qui contiennent de fausses informations sur le scrutin dans le fil d’actualité de ses utilisateurs.
« Alors que le dépouillement se poursuit, nous constatons une augmentation du nombre de signalements de contenus qui propagent des informations fausses sur l’élection », écrit Facebook dans un communiqué transmis au Monde, vendredi 6 novembre. « La plupart de ces messages ont un faible engagement sur notre plate-forme [c’est-à-dire qu’ils recueillent peu de commentaires, « like » ou partages], nous prenons des mesures complémentaires, et déjà évoquées, pour empêcher ces messages d’atteindre davantage de gens. » Le réseau social explique également que les diffusions de vidéo en direct, par nature plus difficiles à modérer que des messages textuels, verront « leur distribution limitée » lorsqu’elles évoquent l’élection.
Ces mesures, jugées efficaces mais trop tardives par de nombreux observateurs, sont également la conséquence d’une forte inquiétude quant à de potentielles actions violentes de la part de partisans de Donald Trump persuadés que des fraudes massives ont eu lieu, relate le site d’information Buzzfeed. Selon le site américain, qui cite des sources anonymes internes à Facebook, un outil de l’entreprise qui mesure le volume d’appels à la violence sur la plate-forme montre que ces appels ont augmenté de 45 % depuis le 2 novembre. Facebook n’a pas confirmé ces chiffres, ni même l’existence de cet outil, dont Buzzfeed publie une capture d’écran.
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