L’ambiguïté russe face aux attentats islamistes en France

0
89

[ad_1]

Des manifestants russes protestent contre la publication de caricatures de Mahomet devant l’ambassade de France à Moscou le 30 octobre.

A chaque attentat ou presque, les murs de l’ambassade de France à Moscou s’ornent d’innombrables bouquets de fleurs, témoignages d’une solidarité sincère exprimée par des Russes ordinaires lorsque la France est frappée par le terrorisme. Cette routine a été rompue après l’assassinat de Samuel Paty. Au lieu des fleurs, ce sont des manifestants hostiles à la France et à son président qui se sont rassemblés devant les murs de l’ambassade, trois jours d’affilée, scandant des « Allahou akbar » (« Dieu est grand » en arabe) sous l’œil de policiers d’ordinaire plus prompts à disperser les rassemblements improvisés.

Ces manifestants n’étaient que quelques dizaines, loin des foules de Dacca ou de Ramallah. Mais leur présence rappelle que la Russie fait partie de ces pays où l’on aura plus discuté des « attaques françaises contre l’islam » que de celles perpétrées par des terroristes islamistes dans l’Hexagone.

3,7 millions de « likes »

Un homme symbolise ce constat : Khabib Nurmagomedov, le très populaire champion de MMA (arts martiaux mixtes). Sur Instagram, le sportif du Daghestan, république musulmane de 3 millions d’habitants, a publié un portrait d’Emmanuel Macron piétiné par l’empreinte d’une chaussure, accompagné de ces mots : « Que le Tout-Puissant défigure cette ordure et tous ses disciples qui, au nom de la liberté d’expression, insultent la foi de plus d’un milliard et demi de musulmans. »

Loin de susciter une quelconque réprobation, sa publication, « likée » par 3,7 millions de personnes, semble refléter une opinion relativement consensuelle dans la « communauté musulmane » russe, un kaléidoscope ethnique de près de 20 millions de personnes, auxquels s’ajoutent de nombreux migrants d’Asie centrale.

Pour ce qui est du Caucase du Nord, la ligne « Khabib » a clairement dominé dans les réactions, y compris jusqu’à faire du terroriste un « héros ». Parmi les plus obstinés, Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie, république dont était originaire la famille de l’assassin du professeur Paty. M. Kadyrov, qui avait déjà organisé une manifestation en 2015 contre la publication de caricatures de Mahomet, a traité Emmanuel Macron de « chef de file et inspirateur du terrorisme » en France. Le mufti de Tchétchénie a prévenu les Français installés en Russie qu’ils pourraient avoir à « répondre des mots de leur président ».

Lire aussi Manifestation monstre en Tchétchénie contre « Charlie Hebdo »

Ces déclarations n’ont entraîné que de rares réactions. Ksenia Sobtchak, figure du camp libéral, a interpellé M. Nurmagomedov sur Instagram en lui rappelant que M. Macron avait évoqué une lutte contre le radicalisme et non contre les musulmans. Elle a reçu des dizaines de messages de menaces. Nombre de Russes se sont dits choqués de ces messages, mais souvent sur la base d’un rejet des Caucasiens.

Il vous reste 54.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: