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JASON ANDREW POUR « LE MONDE »
FactuelLes autorités de la ville organisent des visites du centre de dépouillement des votes par correspondance.
Pendant toute la journée du vote, mardi 3 novembre, Joe Biden a arpenté la Pennsylvanie, Etat décisif qui donna la victoire à Donald Trump en 2016 (44 292 voix d’avance sur Hillary Clinton) et pourrait sceller sa défaite cette année. Le démocrate a commencé par assister à une messe catholique à Scranton, le matin, sa ville natale, en compagnie de son épouse Jill et deux de ses petites-filles. Et vers midi, il s’est rendu à Philadelphie, première capitale des Etats-Unis et ville bascule décisive dans la nuit.
Le risque est simple : que la Pennsylvanie rurale donne dans les premiers décomptes une avance au président Donald Trump et que la métropole Philadelphie, ancien port sidérurgique et ville noire, permette la remontée de Joe Biden. C’est là que pourraient se nicher les accusations – a priori totalement infondées — de tricherie par Donald Trump.
« Philly est la clé, Philly est la clé », a lâché Joe Biden à ses supporteurs. Quand on est arrivé vers 15 heures (21 heures à Paris), tout était fini. Philadelphie dégageait toujours une légère tension dans son centre-ville, mais il y régnait l’atmosphère des jours de vote. Il ne se passe rien, ou pas grand-chose. Quelques rares touristes visitaient le quartier historique et la cloche Liberty Bell. Les magasins s’étaient barricadés en prévision de possibles émeutes, si les élections sont contestées, mais restaient ouverts.
150 personnes, 22 machines…
Devant un bureau de vote de l’hôtel de ville, l’association « Joie dans les urnes » (Joy to the polls) avait organisé un concert, avec des femmes qui dansaient, un quintette accompagné d’un piano. Tout était très festif, alors que les électeurs apportent leur bulletin de vote par correspondance en personne, au lieu de l’avoir envoyé par la poste, en laquelle plus grand monde n’avait confiance. « Il y en a plus de 300 », nous explique un jeune employé municipal, en montrant l’urne. A 20 heures, quand le scrutin sera clos, le shérif ou son adjoint viendra la prendre pour la porter au centre de convention, où sont censés être centralisés les bulletins.
Le décompte des votes par correspondance a pu commencer mardi matin à 7 heures. 500 000 environs pour 1,1 million d’inscrits sur les listes électorales du comté de Philadelphie. Dans un souci de transparence et d’apaisement, les autorités de la ville organisent la visite dans le centre de dépouillement installé dans le Palais des Congrès de la ville et sérieusement gardés : 150 employés municipaux et intérimaires s’emploient à dépouiller les bulletins, dans un des immenses halls du centre des congrès. Vingt-deux machines à ouvrir les enveloppes, douze pour lire les bulletins, au rythme de 30 000 par heure et par machine. Tout se passe dans un calme absolu, sous l’œil de scrutateurs des deux camps, à l’air détendu. Les responsables de Philadelphie, pour désamorcer les accusations du président, ont décidé de diffuser en livestream les opérations de dépouillement dans la métropole.
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