ce que l’on sait de l’attaque terroriste à Vienne, qui a fait au moins quatre morts

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Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz (à droite), et le président Alexander van der Bellen déposent une couronne lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes, à Vienne (Autriche), mardi 3 novembre 2020.

L’Autriche était sous le choc au lendemain de l’attaque qui s’est déroulée, lundi 2 novembre, dans la soirée en plein cœur de la capitale, Vienne, près d’une importante synagogue et de l’Opéra. Selon un bilan encore provisoire, quatre personnes ont été tuées et quinze autres ont été hospitalisées, dont trois dans un état critique, dans cet attentat que le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a qualifié de « terroriste ».

Le pays a décrété trois jours de deuil national. Mardi, les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics partout à travers le pays et une minute de silence observée à midi, tandis que les cloches des églises sonnaient. Le chef du gouvernement, le président Alexander Van der Bellen et d’autres hauts responsables ont participé à une cérémonie en hommage aux victimes.

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  • L’assaillant avait tenté de s’enrôler au sein de l’EI

Mardi, des éléments ont commencé à filtrer sur l’identité du principal auteur de l’attentat, abattu par les forces de l’ordre. Agé de 20 ans, il était originaire de Macédoine du Nord et aussi détenteur de la nationalité autrichienne, a détaillé à l’Agence de presse APA le ministre de l’intérieur, Karl Nehammer.

L’assaillant avait été condamné en 2019 à vingt-deux mois de prison pour avoir tenté de rejoindre la Syrie, afin de s’enrôler au sein de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), mais il avait été libéré de manière anticipée, ce qu’a critiqué M. Nehammer. Il avait réussi à « tromper » le programme de déradicalisation et ceux qui étaient chargés de son suivi, a déploré le ministre.

Un peu plus tôt, le gouvernement autrichien avait fait savoir que le jeune homme, armé d’un fusil d’assaut et d’une ceinture d’explosifs factice, était un « sympathisant » de l’EI, comme en témoignent les indices recueillis dans son logement.

  • Dix-huit perquisitions, 14 interpellations

Les enquêteurs travaillent sur les lieux de l’attentat à Vienne, le 3 novembre 2020.

Mardi, une grande partie du centre de la capitale était toujours bouclée. Sur les lieux de l’attentat, des officiers de la police scientifique relevaient des indices. Les enquêteurs cherchent également à déterminer si l’assaillant a agi seul ou si d’autres suspects ont participé aux fusillades. Ils ont multiplié les opérations dans la journée, menant 18 perquisitions et procédant à 14 interpellations.

Pour l’heure, il n’y a pas de preuve de l’existence d’un deuxième assaillant, a déclaré Karl Nehammer lors d’une conférence de presse. Auparavant, il avait pourtant assuré qu’au moins un autre suspect était en fuite.

  • Quatre personnes tuées, quinze autres hospitalisées

Parmi les quatre victimes figurent un homme et une femme âgés, ainsi qu’un jeune passant et une serveuse, a précisé le chancelier Kurz. Quinze personnes restaient hospitalisées, dont trois dans un état critique, selon l’association hospitalière de Vienne.

Les riverains étaient encore sonnés, en oubliant même le confinement entré en vigueur ce mardi pour lutter contre la seconde vague de la pandémie de Covid-19. Le rabbin de la communauté juive de Vienne, Schlomo Hofmeister, s’est dit « inquiet », craignant que l’attaque ait pu être liée à la synagogue. « Aucun indice ne le confirme, mais nous ne pouvons pas l’exclure », a-t-il confié à l’Agence France-Presse (AFP). « Le bâtiment était fermé à ce moment de la journée et ce quartier est LE quartier animé de la ville. »

Il a assisté à la scène depuis la fenêtre de son appartement. « L’homme s’est dirigé en courant vers les clients des bars avec son arme, il a tiré des dizaines, peut-être même des centaines de salves », a-t-il témoigné. « Il faisait doux et c’était la veille du confinement, il a certainement profité de la situation pour faire un bain de sang. »

Des policiers et des soldats ont été mobilisés pour protéger les bâtiments importants de la capitale, et les enfants ont été dispensés d’école mardi. « Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens », a affirmé M. Kurz, alors que l’Autriche avait été jusqu’ici été relativement épargnée par la vague d’attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années.

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  • La classe politique française exprime sa « solidarité » aux Autrichiens

« L’Europe est en deuil. L’un des nôtres a été durement frappé par le terrorisme islamiste », a réagi Emmanuel Macron mardi matin sur Twitter, ajoutant que la France « se tient aux côtés de l’Autriche ». Le chef de l’Etat français s’est rendu dans la journée à l’ambassade d’Autriche pour apporter « son soutien inconditionnel au peuple autrichien » et appeler à une réponse européenne contre « des ennemis qui s’attaquent à ce qu’est l’Europe ».

« Nous ferons tout, en Européens, pour nous tenir ensemble, combattre ce fléau qu’est le terrorisme et, ensemble, avancer sans rien céder d’aucune de nos valeurs », a-t-il déclaré, après avoir signé le registre de condoléances.

A l’Assemblée nationale, les députés et les membres du gouvernement, debout, ont observé mardi après-midi une minute de silence pour exprimer leur « solidarité » et leur « profonde compassion au peuple autrichien ». « Le terrorisme islamiste a frappé l’Autriche. Nos pensées vont aux victimes de cette attaque abjecte, barbare, guidée par un fanatisme aveugle dans un pays européen ami », a souligné le président de l’Assemblée, Richard Ferrand (La République en marche, LRM).

Le Monde avec AFP



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