le Texas, un Etat en mutation politique

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Lors d’un rassemblement électoral avec Jill Biden, épouse de Joe Biden, le 13 octobre, sur le parking du NRG Stadium à Houston.

Voter est une fête. A la sortie du Palais des sports NRG de Houston, transformé en immense bureau de vote, Charlie Bonner a coiffé son Stetson et s’est verni les ongles en bleu et rouge. Le jeune militant de gauche, gay et blanc, a convié les électeurs à un concert en « drive-in » sur un parking. Une trentaine de spectateurs en voiture sont venus écouter de jeunes rappeurs de Houston et quelques discours démocrates. Sur la fréquence 89.9 de la bande FM pour ceux qui ne veulent pas ouvrir la fenêtre, Covid-19 oblige.

Les klaxons ont remplacé les acclamations pour exprimer son approbation aux orateurs. Depuis des mois, Charlie Bonner s’efforce d’inscrire les jeunes sur les listes électorales et cette soirée du jeudi 29 octobre est le couronnement d’une longue campagne. Elle doit accompagner joyeusement l’ouverture, toute la nuit, du bureau de vote, une première.

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Comme toujours au Texas, on a fait les choses en grand. Les panneaux lumineux du palais des sports indiquent trois directions à suivre : vote normal, tout droit ; vote par courrier (pour les électeurs n’ayant pas confiance en la poste américaine et qui préfèrent déposer eux-mêmes leur bulletin), au fond ; vote en voiture (pour ceux qui ont peur du Covid-19), à droite, mais en passant sous une tente, pour respecter le code électoral qui exige que le scrutin se déroule dans un endroit fermé.

Le comté démocrate de la région de Houston, peuplé de 4,8 millions d’habitants, a déployé les grands moyens pour inciter ses concitoyens à voter. Voter est une fête… pour les démocrates. Cet activisme agace les républicains, médusés par la mobilisation massive des électeurs et qui ont cherché sans succès à obtenir l’annulation de plus de 120 000 bulletins déposés en voiture. A l’issue du vote par anticipation, qui s’achevait le 30 octobre, plus de 9 millions de Texans avaient déjà voté (53 % des inscrits), soit plus que le total des votes texans de la présidentielle de 2016.

Campagne d’inscription des électeurs à l’Université du Texas, à Austin, le 5 octobre.

Manifestement, il se passe quelque chose au Texas. Les sondages donnent encore une avance à Donald Trump (50,4 % contre 48,7 % à son adversaire, Joe Biden, avec 63 % de chance de l’emporter, selon le site de référence FiveThirtyEight). Un tel resserrement de l’écart est significatif dans cet État peuplé de 29 millions d’habitants où Jimmy Carter est le dernier démocrate à l’avoir emporté, en 1976.

« Un Etat démocrate qui ne vote pas »

L’enjeu est décisif pour le 3 novembre : le Texas aura entre 6 % et 10 % de votes par correspondance à dépouiller (ils doivent parvenir avant le mercredi 4 novembre), car l’État n’a octroyé ce droit qu’aux plus de 65 ans et aux handicapés. Les résultats devraient donc être connus dans la nuit de mardi à mercredi ou mercredi dans la journée. Et si Joe Biden emporte les 38 grands électeurs du Texas, la messe sera dite : Donald Trump aura perdu. Nul besoin d’attendre l’interminable décompte en Pennsylvanie ou en Floride : cette bascule signifierait un raz-de-marée démocrate et l’impossibilité pour Donald Trump et les républicains de contester l’élection nationale.

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