Emmanuel Macron sur la défensive à l’international

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Une manifestation à proximité du consulat de France à Calcutta, en Inde, le 31 octobre.

Il y a le front intérieur et le front extérieur. Deux jours après l’attentat contre Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), survenu le 16 octobre, une source haut placée à l’Elysée s’inquiétait de l’effet produit hors des frontières françaises par le projet de loi contre les séparatismes, présenté par Emmanuel Macron, deux semaines plus tôt. « Il faut construire un contre-discours face à ceux qui disent, notamment à l’étranger, que le propos du président de la République aux Mureaux est dirigé contre les musulmans », estime alors ce conseiller. Le sujet apparaît suffisamment sérieux pour atterrir ce jour-là sur la table du conseil de défense réuni à l’Elysée.

Mais cela n’a pas empêché la tempête d’éclater dans de nombreux pays musulmans. Surtout depuis que le chef de l’Etat a répété dans son hommage au professeur d’histoire-géographie, le 21 octobre, que la France ne renoncera pas aux caricatures du prophète Mahomet.

Grimé en diable dans la presse iranienne, Emmanuel Macron a vu son portrait foulé aux pieds lors de manifestations en Cisjordanie, son effigie brûlée au Bangladesh ; il a été la cible d’attaques virulentes de la part de nombreux dirigeants, du Pakistan à l’Indonésie. Un appel au boycottage des produits français – encouragé par le président turc, Recep Tayyip Erdogan – a aussi été lancé, mais finalement peu suivi, selon un diplomate.

Expliquer et défendre le modèle républicain français

S’il reste soutenu en bloc par l’Union européenne, cette vague de critiques marque un tournant pour le président de la République, qui voulait afficher à l’étranger l’image positive d’un héraut du progressisme et de la lutte pour le climat. Elle attise surtout la menace. L’ancien premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, a écrit sur Twitter que « les musulmans ont le droit d’être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres du passé », et critiqué l’attitude du président français, « très primitif » selon lui.

Pour tenter d’éteindre l’incendie – et répondre à ce que l’exécutif perçoit comme une campagne organisée contre la France et le président de la République –, le locataire de l’Elysée a accordé un long entretien, samedi 31 octobre, à la chaîne qatarie Al-Jazira. Un média choisi en raison de son audience – entre 35 millions et 40 millions de téléspectateurs –, mais aussi des messages émis récemment sur son antenne au sujet du président français.

« Beaucoup de choses fausses ont été dites », a déploré Emmanuel Macron, qui voulait apporter à travers cette interview « un message d’apaisement et de paix ». « Je comprends et respecte qu’on puisse être choqué par ces caricatures, mais je n’accepterai jamais qu’on puisse justifier une violence physique pour ces caricatures. Je défendrai toujours dans mon pays la liberté de dire, d’écrire, de penser, de dessiner », a assuré le chef de l’Etat, tout en rappelant que ces dessins ne sont pas « le projet ou l’émanation du gouvernement français ou du président de la République ».

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