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En cas de victoire, dans la nuit du 3 au 4 novembre, la présidence de Joe Biden va-t-elle aboutir à une dévaluation ? Pas celle du dollar, mais celle du célèbre rappeur afro-américain, 50 Cent, qui s’est emporté sur Twitter il y a quelques jours en déclarant : « Je ne veux pas être 20 Cent ». Son ironie vise à dénoncer le programme de Joe Biden qui, si ce dernier arrivait à le mettre en œuvre, porterait le taux d’imposition du contribuable Curtis James Jackson III (son vrai nom) à 62 %.
Après une enfance difficile dans le Queens à New York, 50 Cent est sorti de l’anonymat grâce à un album, dont le titre résume à lui seul la « philosophie » du rappeur : Get Rich or Die Tryin’(« Devenir riche ou mourir en essayant de l’être »). Riche, il l’est aujourd’hui à millions. Au point d’être dans le viseur de la réforme fiscale envisagée par le candidat démocrate. De rage, la star s’est dite prête à voter pour le président républicain sortant, Donald Trump.
La défection du rappeur a de quoi laisser de marbre l’ex-vice président de Barack Obama. Plus de 95 % des ménages Américains gagnent moins de 400 000 dollars par an, seuil en dessous duquel Joe Biden s’est engagé à ne pas augmenter les impôts. En revanche, pour le 1 % les plus riches, l’élection de Biden pourrait sonner la fin de la fête. Les plus hauts revenus ont été les grands gagnants de la politique économique de Donald Trump. Avec Biden au pouvoir, ils devraient assumer les trois-quarts des augmentations d’impôts promises, selon le Tax Policy Center.
Un match de catch indigne
La polémique lancée par 50 Cent a au moins un mérite : celui de parler enfin des idées des candidats. Paradoxalement, au moment où les Etats-Unis traversent l’une des pires crises de leur histoire, les choix de société qui sont en jeu dans cette campagne présidentielle ont été occultés par un match de catch indigne de la démocratie américaine.
La fiscalité tient une place centrale dans ce débat. Entre le programme de Donald Trump, qui est un vague recyclage de celui de 2016, et celui de Joe Biden, c’est le grand écart. Pour ce dernier, la hausse des impôts, qui devrait faire entrer dans les caisses du budget 4 000 milliards de dollars d’ici 2030, n’est pas une fin en soi, mais le moyen de financer un ambitieux plan de relance, baptisé « Build back better » (« Mieux reconstruire »).
Du socialisme, peste Trump. La critique est difficilement audible dans la mesure où son propre mandat aura été marqué par une explosion inédite de la dette et du déficit public, même avant que la crise pandémique ne fasse ses ravages. En tournant le dos à l’un des principaux piliers de la doxa républicaine, il a ôté toute légitimité à son camp pour fustiger la soi-disant propension des démocrates à creuser les déficits.
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