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« Ce n’était pas des élections, mais une guerre, et nous ne l’avons pas perdue. » Au lendemain des élections législatives en Géorgie, dimanche 1er novembre, les partis de l’opposition ont rejeté les résultats du scrutin et appelé à manifester à 16 heures devant le Parlement à Tbilissi.
Selon des résultats encore provisoires, le parti au pouvoir, Rêve géorgien, dirigé par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, a remporté les élections avec 48,5 % des voix contre 45 % à l’opposition, dominée par le parti de l’ancien président Mikheïl Saakachvili, Mouvement national uni.
Tous deux ont revendiqué la victoire dès la veille, alors que les sondages sortis des urnes donnaient des résultats contradictoires. Celui de la chaîne pro-gouvernementale Imedi TV créditait Rêve géorgien de 55 % des voix, tandis qu’une estimation de Mtavari TV, soutenant l’opposition, accordait à cette dernière 52 % des suffrages.
Selon la commission électorale, le taux de participation était d’environ 56 % malgré l’épidémie de Covid-19, contre 51 % lors des législatives de 2016.
Près de 130 violations
A la télévision, Bidzina Ivanichvili, 64 ans, s’est félicité de voir sa formation « gagner les élections pour la troisième fois de suite » − une première pour un parti au pouvoir −, tandis que son grand rival en exil, Mikheïl Saakachvili, 52 ans, annonçait une « victoire triomphante » de l’opposition.
« Les partis d’opposition doivent maintenant former un gouvernement d’unité nationale », a affirmé l’ancien leader de la « révolution des roses ». Mikheïl Saakachvili s’exprimait depuis l’Ukraine, où il travaille désormais pour le président, Volodymyr Zelensky, après une carrière politique rocambolesque. Il a accusé Rêve géorgien de « falsifier de manière massive les résultats des élections » et annoncé une « mobilisation massive pour défendre les votes ». Fait inédit, sa formation s’est unie cette année avec plusieurs groupes d’opposition pour tenter de chasser Rêve géorgien, au pouvoir depuis 2012.
Transparency International, qui avait déployé des observateurs dans les bureaux de vote, a recensé près de 130 violations. Des affrontements ont également éclaté dans plusieurs d’entre eux : des journalistes locaux ont notamment été agressés et des observateurs expulsés. Trente et une plaintes ont été déposées.
La stabilité de la Géorgie menacée
La Géorgie, petit pays du Caucase de 3,7 millions d’habitants, est un rare exemple démocratique parmi les ex-républiques d’URSS, même si elle est régulièrement secouée par des manifestations antigouvernementales. Une crise post-électorale pourrait menacer sa stabilité.
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