[Société] Toussaint : Messages de l’au-delà…

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“Avant de mourir, ma mère m’avait dit qu’elle essayerait de m’envoyer un signe de l’au-delà. Mais je n’ai jamais rien reçu“. 

 

Cette quinquagénaire a eu beau être attentive aux signes, rien d’inhabituel ne s’est encore produit dans sa vie. Comment pourrait-il en être autrement ? Au-delà des croyances des uns et des autres, nul n’est revenu d’entre les morts pour prouver l’existence d’un ailleurs possible. Alors imaginer une communication avec des personnes décédées… Impossible !

 

Et pourtant, oui, pourtant… Un peu partout dans l’île, des hommes et des femmes sont intimement convaincus d’avoir été alertés par des signes leur annonçant la disparition d’un proche ou d’avoir reçu un message peu de temps après le décès. Pour certains, ça s’est traduit par la visite du défunt en rêve, pour d’autres, par une odeur, une sensation étrange, une présence… quelques-uns, enfin, parlent d’expériences inexpliquées, de faits extraordinaires survenus dans leur quotidien bien ordinaire. 

 

 

Coïncidences ou véritables signes ? 

 

“J’ai senti le parfum de mon père et quelques secondes après, la clinique m’appelait pour m’annoncer qu’il était décédé“, confie ainsi une jeune femme. “Un week-end, j’ai rêvé d’une ancienne collègue en phase terminale d’un cancer. Dans mon rêve, elle nous annonçait son décès et on lui achetait des fleurs. Au retour du boulot, le lundi, mon patron nous faisait part de sa disparition“, rapporte une autre. “Pendant que je dormais, j’ai reçu un grand coup dans la jambe, qui m’a fait très mal. Au petit matin, j’apprenais que mon grand-père était décédé“, indique encore une autre. “J’avais chez moi un parasol qui était posé depuis des années dans un coin. Le jour où il est tombé en faisant un grand bruit, j’ai tout de suite compris que quelque chose de grave s’était produit…“. Pour cet homme, c’est une couleuvre qui l’a prévenu de la disparition d’un parent, en s’entêtant à revenir plusieurs fois dans la maison en l’espace de quelques heures, alors qu’il était jeté systématiquement au loin. Et pour cette mamie, c’est une télé qui s’est allumée toute seule, au moment où son enfant avait un accident…

 

 

Coïncidences ou vrais messages ? 

 

Les témoignages sur le sujet sont légion. Coïncidences ? Tours de l’esprit ? Expression de son propre subconscient ? Ou réel message de l’au-delà ? Chacun interprète ces manifestations comme il l’entend, même si, dans une île fortement imprégnée par la religion et la foi, il n’y a rien d’étonnant à trouver autant d’avis en faveur d’une communication avec l’au-delà. Toutes les personnes qui ont apporté leur témoignage à ce dossier n’indiquent-elles pas être profondément croyantes et croire en une vie après la mort ? N’allez pas croire qu’il s’agit d’individus crédules prêts à se laisser facilement embobiner. Certains récits parmi ceux qui nous ont été rapportés ont en effet de quoi laisser perplexe, tant les expériences vécues paraissent incroyables ! Tous les membres d’une même famille ont été avertis par un signe à l’heure exacte où l’un des leurs rendait son dernier soupir. Un moineau sorti de nulle part a accompagné une dame dans sa tristesse pendant toute une journée, jusqu’à se laisser caresser comme s’il était apprivoisé. Un père décédé a averti sa fille en rêve que son bébé était en danger et en se réveillant, elle a pu le sauver in extremis…  

 

D’aucuns diront qu’on ne voit que ce qu’on veut bien voir et qu’au final, rien ne prouve la présence ou l’intervention d’une personne décédée auprès des vivants. Pour tous ceux qui ont vécu une expérience aussi singulière, le doute n’est néanmoins plus permis : “Les défunts sont nos anges-gardiens et ils nous protègent“. 

 

Nathalie Techer

 

 

Toussaint et Jour des morts

 

Comme partout en France, les Réunionnais profitent du jour férié de la Toussaint pour rendre hommage aux proches disparus, mais la Toussaint et le Jour des morts sont deux événements bien distincts. La Toussaint, qui a lieu le 1er novembre, est la célébration de tous les saints, connus ou anonymes, par l’Eglise catholique. Le jour des morts, qui se tient le lendemain, est l’occasion de rendre visite aux défunts sur leur tombe, pour leur adresser des prières et fleurir leur dernière demeure.  

 


 


La célébration des morts à travers le monde

 

Dans la tradition chrétienne, on célèbre les morts le 2 novembre avec des moments de recueillements sur les tombes. Mais qu’en est-il ailleurs ? 

 

– Au Mexique, on organise ce jour-là “El Dia de Los muertos”. Classé au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, cette célébration s’apparente à un véritable carnaval, avec de la musique, des fleurs à profusion, et des offrandes (bougies et nourriture) laissées sur les tombes. Il est dit que les âmes des défunts reviennent sur Terre pour faire la fête avec les vivants. 

 

– A Haïti, on célèbre la Fête des Guédés, les esprits des morts. Tout de violet et de noir vêtus, les adeptes du vaudou dansent dans les cérémonies tout en crachant, fumant, buvant et professant des obscénités. 

 

– Au Salvador, on organise la Calabiuza en mémoire des défunts. Les participants défilent avec le corps peint en noir et blanc. 

 

– Aux Philippines, la fête des morts se traduit par une veillée de 24 heures et des offrandes de bougies et de fleurs dans les cimetières. 

 

– Au Guatemala, la fête des morts est particulièrement joyeuse. On orne les tombes de couleurs vives, on fait voler des cerfs-volants de papier et on pique-nique sur les tombes. 

 

– En Chine, on célèbre la fête des fantômes lors du septième mois lunaire du calendrier chinois. A travers des repas et des cérémonies, les pratiquants aident les fantômes et esprits bloqués sur Terre à cause de leurs péchés à trouver le chemin de la délivrance. Dans les grands spectacles, la première rangée de sièges est laissée libre pour les fantômes. 

 

– Au Népal, on célèbre la mort dans l’humour et la bonne humeur : la vache étant sacrée dans la religion bouddhiste, les Népalais organisent un défilé de bovins et d’hommes déguisés. L’origine de cette fête, la Gai Jatra, remonterait au roi Pratap Malla qui, pour redonner le sourire à sa femme qui avait perdu leurs fils, avait promis de récompenser quiconque arriverait à la faire sourire. 



TÉMOIGNAGES

 

“Nous avons été témoins de manifestations étranges”

 

• Eva avait 19 ans en 2007, lorsqu’elle a été témoin pour la première fois d’un événement pour le moins singulier. Ce jour-là, elle recevait la visite de la femme de son oncle décédé, dans son appartement au onzième étage d’un immeuble au Chaudron. Alors que cette dernière s’était momentanément absentée dans la cuisine, après avoir longuement discuté avec elle du disparu, un paille en queue est venu se poser sur le rebord de la fenêtre et a fixé Eva un long moment avant de reprendre son envol. Cette rencontre déjà peu ordinaire aurait pu être simplement perçu comme le fruit du hasard, si un épisode similaire ne s’était pas reproduit, 9 ans plus tard, à la mort de son parrain. 

 

“Je m’étais réveillée à 5 heures du matin avec la ferme intention de me rendre à l’enterrement, mais j’avais le cœur tellement gros, et des enfants tellement petits, que j’avais fini par rester à la maison pour m’occuper d’eux, raconte-elle. Un moineau, sorti de nulle part, est entré dans la maison et est venu se poser sur le porte-vaisselle. Il est ensuite resté dans la cuisine pendant des heures entières ! Mon garçon s’en est même approché et a pu le caresser, sans qu’il ne se dérobe“. 

 

N’ayant jamais vu de moineau aussi peu farouche de sa vie, la mère de famille s’est demandé si l’oiseau n’était pas malade ou blessé, mais le petit intrus pouvait se déplacer sans difficulté dans la pièce. 

 

“Même s’il est resté à mes côtés toute la journée, je n’ai pas vraiment fait attention à lui, car j’étais trop peinée par la disparition de mon parrain, poursuit-elle. Je m’étais occupée de la maison, comme je le faisais d’habitude, mais en même temps je pensais à l’enterrement, au fait que je n’étais pas présente pour lui dire adieu, ni pour soutenir mes proches…” 

 

En fin de journée, submergée par l’émotion, elle est sortie pour aller s’asseoir près d’un rosier dans la cour. Contre toute attente, l’oiseau l’y a rejoint et s’est posé sur une branche à côté d’elle. 

 

“Jusque-là, je n’avais pas fait de lien entre le moineau et mon parrain, souffle-t-elle. C’est quand il est venu me retrouver dehors que j’ai compris que mon parrain me faisait comprendre qu’il ne m’en voulait pas de ne pas être venue à son enterrement. J’ai enfin pu lâcher prise et pleurer. Et c’est précisément à ce moment-là que l’oiseau s’est envolé pour repartir dans la nature“.

 


 

• Muriel avait 11 ans, à la fin des années 90, quand son cousin, âgé d’une vingtaine d’années, a été retrouvé gravement brûlé à quelques kilomètres de son domicile qui venait d’être ravagé par les flammes. Transporté à l’hôpital, il est décédé de ses blessures au service des grands brûlés. 

 

“Ce jour-là, j’aidais ma mère à faire la cuisine, raconte-t-elle. On était affairées au-dessus de la cuisinière, quand une flamme a surgi en-dessous de la marmite et est montée très haut pour lécher le plafond. C’était la première fois que ça se produisait et c’était vraiment impressionnant ! Ça s’est passé très vite, mais j’ai eu une grosse frayeur. Juste avant que ça ne se produise, ma mère me disait justement qu’elle n’aimait pas cette odeur de bougie et de fleurs qu’elle était la seule à sentir et elle espérait que ce n’était pas un mauvais présage…” 

 

A peine remises de leurs émotions, le téléphone a sonné. C’est comme ça qu’elles ont appris le décès du jeune cousin. Pour Muriel, il ne fait aucun doute que l’épisode qu’elles ont vécu était un ultime message d’adieu envoyé par le jeune homme avant de succomber : “Comme si, au moment où la flamme touchait le plafond, il achevait son combat et rendait son dernier soupir“, dit-elle. 


 

• Manon a perdu son père à l’âge de 35 ans, il y a de cela une dizaine d’années. Atteint d’un cancer, il était déjà hospitalisé depuis quelques jours lorsque la maladie l’a emporté. 

 

“Ce jour-là, j’étais chez ma mère. Je regardais par la fenêtre de sa chambre, quand j’ai vu mon père marcher au loin. J’étais surprise, car je savais qu’il était à l’hôpital. Jamais je n’aurais cru qu’il aurait pu m’envoyer un signe !“

 

Le soir-même, il décédait. Mais ce ne sera pas la seule fois qu’il se manifestera auprès de sa fille. Quatre ans après sa disparition, il est venu la voir un soir, alors qu’elle sombrait dans le sommeil : “J’ai entendu sa voix, il m’appelait et me parlait, assure-t-elle. Il me disait de me réveiller et d’aller voir mon fils“. Ce qu’elle a fait dès qu’elle a ouvert les yeux, pour découvrir que son enfant, qui n’était encore qu’un bébé, était en train de régurgiter et aurait pu s’étouffer dans son sommeil. 

 

“Par la suite, j’ai eu d’autres signes, d’autres avertissements, confie-t-elle. Par des ressentis, dans mes rêves… Ma mère l’a rejoint dans la mort il y a cinq ans, mais je sais que tous les deux veillent sur moi“.


 

• Claudia est une maman approchant la fin de la trentaine, qui a perdu sa fille aînée il y a quelques années, emportée par une maladie orpheline. Elle avait alors 14 ans. Longtemps submergée par le chagrin et la douleur, la mère de famille en est convaincue : sa fille est restée auprès d’elle jusqu’à ce qu’elle se sente mieux. “Je ne la voyais pas, mais je sentais son odeur, rapporte-elle. Quand je pensais à elle, j’entendais distinctement la chanson que nous avions l’habitude d’écouter ensemble. Et surtout, quand je lui parlais, je sentais sa main me caresser…“

 

Claudia pouvait même voir sa fille en rêve : “Je me posais beaucoup de questions. Je me demandais, par exemple, si elle avait souffert, si elle était heureuse là où elle était… Elle me répondait que non, et que là où elle se trouvait c’était comme je lui avais dit : le paradis“.

 

Des anonymes racontent : 

 

• “Tous les membres de notre famille ont eu un signe à l’heure où mon frère est décédé (un peu avant 3h du matin en Italie et 5h à la Réunion). Notre maman a entendu quelqu’un ouvrir le portail et entrer dans la maison alors qu’elle était seule, notre frère aîné dormait et il a senti quelqu’un entrer dans la chambre et s’asseoir sur son lit et ma sœur et moi étions ensemble chez moi et elle m’a réveillée en me secouant à cette même heure en disant que je ne respirais plus. On a appris le décès de notre frère plus tard dans la matinée. On a parlé de ces signes longtemps après son décès : on les avait vécus au même moment à des endroits totalement différents, sans même le savoir…”

 

• “Mon cousin est décédé en 2016. Une nuit, quatre mois après sa disparition, j’étais en train de rêver de lui, quand j’ai entendu quelqu’un frapper à ma fenêtre. Ça m’a réveillée et la photo de mon cousin, qui était collée à mon armoire, s’est détachée et est tombée par terre”.

 

• “Le jour de la disparition de ma mémé, j’ai senti une odeur particulière, celle que l’on sent quand on installe un corps dans une maison pour une veillée. Je me suis dit “Ouhla ! Ça sent la mort !”. Quelques heures après, j’apprenais son décès”.

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clicanoo

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