la campagne sans faute de Kamala Harris

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La candidate démocrate à la vice-présidence américaine Kamala Harris, le 28 octobre à Phoenix, Arizona.

Si Joe Biden mène une campagne résolument axée sur les électeurs blancs, Kamala Harris est la préposée aux minorités. Le tandem s’est réparti la carte électorale. A lui, les Etats de la vieille industrie et des cols-bleus. A elle, les régions où la mobilisation des jeunes et des minorités – Noirs, Latinos – peut faire la différence.

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Nevada, Arizona, Texas. Dans ses étapes, la candidate à la vice-présidence aime à se faire précéder d’une fanfare, sur le modèle de celles des sociétés étudiantes dans les universités noires − comme Howard University, où elle a étudié à Washington. Percussions, cuivres : l’occasion d’esquisser quelques mouvements en rythme. Message : Kamala est jeune. Elle a 56 ans depuis le 20 octobre, soit vingt et un de moins que Joe Biden, dix-huit de moins que Donald Trump et cinq ans de moins que Mike Pence, l’actuel vice-président.

Se plier à la discipline Biden

Depuis sa désignation sur le « ticket » démocrate, mi-août, la sénatrice de Californie a effectué ce qui ressemble à un parcours sans faute. Si elle a fait parler de ses tenues, ça n’a pas été à propos de « pant suits », les tailleurs-pantalons de Hillary Clinton dont la presse a analysé la symbolique pendant des années, mais de chaussures de sport. Des Converse All-Star qui lui permettent de dévaler avec décontraction les marches de l’avion. Les clips sont relayés sur Instagram par sa sœur, la juriste Maya Harris, ancienne conseillère de Hillary Clinton, et épouse du directeur juridique d’Uber, Tony West, et par sa nièce Meena Harris, juriste elle aussi, fondatrice de l’association Phenomenal Woman et ancienne cadre de haut rang chez Facebook. Huit millions de vues le 9 septembre pour la première descente d’avion de la « candidate-aux-Converse » à Milwaukee (Wisconsin). Message : Kamala est cool.

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Un sans-faute, surtout, côté politique. Ceux qui craignaient de la voir rattrapée par son ambition, et empiéter sur les prérogatives du candidat à la Maison Blanche, ont été rassurés. En montant à bord de la campagne Biden, elle a laissé de côté une partie de son entourage – famille et conseillers californiens qui n’avaient pas fait des miracles pendant les primaires − pour se plier à la discipline de l’équipe Biden, en vertu du rôle de « deuxième violon », dévolu au vice-président, a fortiori au candidat au poste.

Pendant son débat du 7 octobre à Salt Lake City contre Mike Pence, Kamala Harris n’a pas cherché à faire d’étincelles. Elle s’est contentée de marquer le point dès qu’elle pouvait auprès de la catégorie de l’électorat qui semble avoir déserté Donald Trump : les femmes. « M. le vice-président : j’ai la parole », a-t-elle répété à chaque fois − il y en eut seize − que l’intéressé l’interrompait. Le débat était à peine terminé que l’équipe Biden mettait en vente un tee-shirt « I’m speaking ».

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