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Cela ne lui a pas valu les honneurs du Monde. En 1972, Joe Biden, 29 ans, est le plus jeune élu au Sénat américain. Mais il devra attendre le 9 octobre 1975 pour retenir l’attention du quotidien. Israël et l’Egypte viennent de signer l’accord sur le Sinaï. Dans la foulée, la commission sénatoriale des affaires étrangères a approuvé l’envoi de 200 techniciens américains dans la région. Une victoire remportée de haute lutte par Henry Kissinger face à des sénateurs qui redoutent de se voir obligés d’envoyer les troupes américaines en cas d’attaque contre Israël.
Seules deux voix sur dix lui échappent. Parmi elles, celle d’un certain « M. Biden, estimant que les engagements américains étaient ceux d’un traité, et par conséquent devaient être soumis à l’approbation du Congrès », écrit Pierre Henri. La suite des archives du Monde sur Joe Biden est une plongée au cœur de la guerre froide. On le retrouve en 1979 de retour d’un voyage en URSS, confiant quant à la signature d’un traité de limitation des armements stratégiques (Le Monde du 1er septembre 1979). La même année, il négocie en secret avec Pékin l’installation sur le territoire chinois de grandes oreilles américaines tournées vers l’Union soviétique, comme le révélera la chaîne NBC deux ans plus tard (Le Monde du 19 juin 1981).
Avec une telle maîtrise de la géopolitique, il ne tarde pas à être « considéré par beaucoup comme le meilleur candidat démocrate à la présidence », écrit Bernard Guetta, le 15 octobre 1986. Mais alors que le second mandat de Ronald Reagan touche à sa fin, le talent ne suffit pas. « Ils ne sont pas moins de sept candidats relativement anonymes, qui sillonnent depuis des mois les fermes de l’Iowa et les étendues du New Hampshire, en quête de cette reconnaissance nationale qui leur fait tant défaut, s’échinant à attirer l’attention des médias (…). Justice leur a été rendue : la presse ne les appelle plus que les “sept nains démocrates” », constate Marie-Claude Decamps, le 10 septembre 1987.
Le scandale du plagiat
A la tête de la commission judiciaire du Sénat, Joe Biden apparaît toutefois comme « le plus en vue ». Hélas, une semaine plus tard, sa candidature s’effondre. « A force de surveiller, d’espionner les candidats à la Maison Blanche, ils en ont pincé un, un sénateur démocrate, Joseph Biden, en train de faire quoi ? Je vous le donne en mille. En train de pomper », s’amuse Claude Sarraute, le 18 septembre 1987.
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