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Les « Etats pivots » sont à l’élection présidentielle aux Etats-Unis ce que les vents alizés étaient aux marins de l’Antiquité, résume la chaîne d’informations américaine CNN : indispensables autant qu’imprévisibles. Car c’est bien dans ces derniers − appelés swing states en version originale − que va se jouer le scrutin du 3 novembre. Outre-Atlantique, le président est élu au suffrage universel indirect, c’est-à-dire qu’il est désigné par un collège électoral. C’est celui-ci que les citoyens élisent lorsqu’ils se rendent aux urnes.
Le collège électoral est composé de 538 grands électeurs et, pour être élu président, un candidat doit obtenir les voix d’au moins 270 d’entre eux. Chaque Etat se voit attribuer un nombre de grands électeurs équivalant au nombre de ses représentants au Congrès : soit deux sénateurs, quel que soit son poids démographique, auxquels s’ajoutent les élus à la Chambre des représentants, dont le nombre est déterminé en fonction de sa population.
Compte tenu de l’évolution de la carte politique aux Etats-Unis, une majorité d’Etats ne présentent plus beaucoup d’enjeu – voire, plus aucun – pour les candidats qui bénéficient d’une base électorale suffisante pour s’y assurer la victoire : c’est ce que l’on appelle les « Etats sûrs » (safe states). Les prétendants à la Maison Blanche se focalisent donc sur les Etats pivots, et y concentrent leurs efforts de campagne.
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Pourquoi les Etats pivots sont-ils si importants ?
Le concept d’Etat pivot fait référence à tout Etat qui pourrait raisonnablement être remporté soit par le candidat démocrate, soit par le candidat républicain. Quarante-huit des cinquante Etats du pays appliquent la règle dite du « winner take all ». C’est-à-dire que le candidat qui arrive en tête remporte l’intégralité des grands électeurs en jeu, indépendamment des marges obtenues dans les urnes. C’est la raison pour laquelle les équipes de campagne des candidats se focalisent sur les Etats qui pourraient basculer en leur faveur. Les deux autres Etats, le Nebraska et le Maine, fonctionnent sur un système de proportionnelle.
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Les Etats pivots sont-ils les mêmes d’une élection à l’autre ?
En 2016, le site d’analyse électorale FiveThirtyEight avait identifié le Colorado, la Floride, l’Iowa, le Michigan, le Minnesota, le Nevada, le New Hampshire, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie et le Wisconsin comme des Etats pivots « pérennes » : comprendre théâtres de luttes serrées au cours des dernières campagnes présidentielles.
Les résultats des élections de mi-mandat, en 2018, ont mis en lumière plusieurs évolutions : le Colorado et l’Ohio devenant moins disputés ; tandis que la Géorgie et l’Arizona commençaient à acquérir le statut d’Etat pivot.
En 2020, la liste de FiveThirtyEight a été mise à jour, la carte électorale outre-Atlantique ayant « Subi une série de changements ». Certains Etats, comme l’Iowa, le Michigan ou le Maine, oscillent désormais fortement vers le camp républicain, tandis que d’autres, historiquement « rouges » semblent pencher vers les démocrates, comme l’Arizona, la Géorgie ou encore le Texas.
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Quels sont les Etats à suivre lors de cette élection 2020 ?
Dans chacun de ces Etats charnières, la feuille de route de Donald Trump, de même que celle de son rival démocrate, Joe Biden, est claire : le président doit maximiser ses performances auprès des électeurs ruraux et mettre un terme à son érosion dans les banlieues résidentielles. Autre objectif : réussir à mobiliser les électeurs de la classe ouvrière blanche qui n’avaient pas voté en 2016.
Joe Biden, lui, a besoin d’une forte participation dans les grandes villes, en particulier parmi les électeurs noirs, qui votent traditionnellement démocrate. Il doit augmenter ses intentions de vote auprès des Latinos et récupérer les lieux qui ont échappé à l’escarcelle démocrate après avoir voté deux fois pour le président Barack Obama.
Les différents médias d’outre-Atlantique ont établi leurs listes d’Etats pivots. Sur la base de leur recensement, nous en avons sélectionné onze – le New Hampshire, dont l’issue du vote est pourtant incertaine, ne figure pas dans cette liste, par exemple : avec quatre grands électeurs, son poids dans le collège électoral est relativement faible ; surtout, Donald Trump a décidé de ne plus y faire campagne à l’approche du scrutin du 3 novembre.
Par souci de clarté de lecture, les différents Etats pivots que nous avons identifiés sont classés selon leur poids dans le collège électoral. Cela ne présage toutefois pas du caractère plus ou moins disputé du scrutin dans chacun d’entre eux.
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