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En grande majorité, les dissidents chinois à l’étranger, les Ouïgours en exil, les Hongkongais pro-démocratie, mais aussi une grande partie des Taïwanais ne font pas mystère de leur favori pour les élections du 3 novembre : Donald Trump. Un choix en apparence contradictoire : ils ont fui la dictature communiste, se battent pour la démocratie ou les droits de l’homme, mais seraient prêts à élire, pour ceux qui votent, un populiste pourfendeur des valeurs démocratiques.
« Les communautés chinoises [dissidentes] sont persuadées que Donald Trump maintiendra une ligne dure contre la Chine, surtout durant son second mandat. Ils voient Joe Biden comme faible et trop soucieux de négocier avec la Chine, explique le politiste hongkongais Joseph Cheng. En fait, elles ne s’intéressent pas aux valeurs politiques de Trump ni à la politique intérieure américaine. Elles donnent de l’importance au côté “homme fort” de Trump, typique pour les Chinois. Et elles tendent à négliger le fait que la perception de la Chine par les Américains dans leur ensemble s’est profondément modifiée. »
En Australie, le sinologue et dissident Feng Chongyi dit « partager l’analyse selon laquelle les politiques d’engagement des administrations [américaines] précédentes, au cours des quatre dernières décennies, ont contribué à consolider la dictature communiste en Chine et à enhardir le régime du PCC à réprimer les Chinois dans leur pays et à devenir de plus en plus agressif à l’étranger ».
Gaffe ou coup de bluff
A Taïwan, Donald Trump s’est vite fait remarquer en étant le premier président américain, juste après son élection en 2017, à prendre au téléphone son homologue taïwanaise, un geste qui a fait enrager la Chine. Ceux qui ont alors dénoncé une gaffe, ou un coup de bluff, en ont été pour leur frais : les Etats-Unis ont opéré un renforcement massif de leur soutien politique et stratégique à Taïwan ces quatre dernières années.
A Hongkong, Jimmy Lai, le patron de presse pro-démocratie, bête noire de la Chine, sous le coup de plusieurs procédures judiciaires, a publié, dimanche 25 octobre, une tribune sur le site de son célèbre média, Apple Daily, en faveur du président américain sortant. « Mon intuition est que Trump sait ce qu’il fait avec la Chine, tandis que Biden n’en a aucune idée », écrit-il. Le premier est, poursuit-il, un « homme d’Etat » qui veut « changer la façon dont la Chine se comporte », et le second un « politicien » soucieux de « trouver des compromis entre intérêts et politique ».
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