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En matière de diplomatie proche-orientale, le président américain, Donald Trump, a débuté son mandat avec des accents rappelant George W. Bush. A Riyad, en mai 2017, il s’érige en défenseur du « bien contre le mal », un camp incarné selon lui par l’organisation Etat islamique et l’Iran. Empreinte d’un manichéisme quasi biblique, la harangue réveille les mânes de l’« axe du Mal », dénoncé en son temps par l’ex-gouverneur du Texas. Une formule qui servit de prétexte à l’invasion de l’Irak en 2003, le paroxysme de l’engagement américain au Proche-Orient.
Mais, très vite, la politique de Donald Trump dans la région a pris la direction inverse. Iran excepté, elle s’est mise à ressembler à celle de son prédécesseur immédiat, celui dont il a tant fait pourtant pour se distinguer, Barack Obama. Sans le théoriser, à sa manière instinctive et impulsive, l’homme de la Maison Blanche a amplifié la stratégie du lighter footprint (empreinte plus légère) et du lead from behind (diriger par l’arrière), impulsée par l’ex-chef d’Etat. En témoigne l’une de ses dernières initiatives, la menace de fermeture de la forteresse de béton qui tient lieu d’ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Une mesure qui parachèverait le retrait américain de l’Irak, lancé dix ans plus tôt, sous la présidence démocrate.
« Au Proche-Orient, Trump a conforté et consolidé le tournant pris par Obama, celui du désengagement, estime Joseph Bahout, directeur de l’Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales à l’université américaine de Beyrouth. Les Etats-Unis restent le shérif de la région, mais de loin. La microgestion est sous-traitée à des partenaires locaux, comme Israël et les Emirats arabes unis. » Deux Etats aux pratiques diplomatiques musclées, dont le rapprochement, scellé au mois d’août, est l’un des legs le plus important de l’ère Trump au Proche-Orient.
« Une phase multipolaire »
« La phase unipolaire, qui a suivi la guerre du Kippour, en 1973, durant laquelle les Etats-Unis tiraient toutes les ficelles, est terminée, affirme Hussein Ibish, analyste au Arab Gulf States Institute de Washington. Nous entrons dans une phase multipolaire, avec de nouveaux acteurs comme la Turquie, la Russie et le duo Israël-Emirats. Les Etats-Unis espèrent se reposer sur cette nouvelle alliance pour continuer leur désengagement du Proche-Orient. »
La Syrie est le cas emblématique de la manière dont Donald Trump a approché la région. En suspendant d’un côté les derniers programmes de soutien aux rebelles anti-Assad et en se cramponnant de l’autre à une politique de sanctions irréaliste, le président américain a de facto abandonné la Syrie utile – l’épine dorsale du pays, d’Alep à Deraa – à la Russie, à qui Barack Obama, par sa répugnance à intervenir dans ce dossier, avait ouvert la voie.
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